Nicolas Anelka, sans fard

Que le lecteur qui s’aventure sur ces pages ne s’attende pas à y trouver un panégyrique de ce joueur français : je n’apprécie guère Nicolas Anelka. J’ai toujours trouvé son style de jeu trop personnel, trop égocentrique, et finalement assez peu flamboyant. Il n’a ni la présence d’un Thierry Henry de la grande époque d’Arsenal, ni la touche d’un Marco Van Basten. Pourtant, Anelka fut meilleur buteur du championnat anglais en 2008-2009. Aussi, sa récente interview dans le quotidien Le Monde prend elle des allures de leçons de football que je trouve déplacées.

Son coté « regardez tous les sacrifices que j’ai faits pour arriver pro » : on imagine fort bien. « …quand mes potes allaient à des soirées, moi, je ne sortais pas ». Faut-il lui rappeler que c’est le lot de nombres d’étudiants en médecine ou en classes préparatoires, qui ne toucheront jamais le dixième de son salaire ? « Les gens ne se rendent pas compte de la pression que cela représente » : oh si, on imagine très bien : les Ferrari à 20 ans, comme il le dit lui-même, sont souvent réservées à des métiers à forte pression : traders, footballeurs, même combat…

Son plaidoyer pro-Domenech fait également sourire. On a très bien compris qu’Anelka à très bien compris que cet entraîneur est inamovible, et que pour ajouter une touche internationale à son palmarès, le brave Nicolas se devait d’encenser « le coach ». D’où des formules surréalistes comme « Domenech, c’est le seul qui a osé me rappeler ».

Deux prises de position, néanmoins, font remonter le sieur Anelka dans mon estime. Son analyse au vitriol su PSG, club de stars offrant peur de chances aux jeunes. Et son honnêteté intellectuel sur l’expatriation : « … si tu joues à l’étranger, c’est parce que la fiscalité est avantageuse. Il faut arrêter d’être hypocrite ». Dire que nos impôts servent à payer les prestations de ces joueurs lorsqu’ils évoluent en équipe de France…

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