Les joies du confinement #3 : les repas à la maison

Vous l’avez sans doute constaté comme moi, l’un des aspects les plus caractéristiques du confinement, c’est qu’on mange tous ses repas à la maison. C’est dans des périodes comme celle-là qu’on réalise qu’on prend pratiquement un repas sur deux en dehors du foyer familial : à la cantine pour les enfants, avec les collègues ou en repas d’affaires pour les parents. En gelant du jour au lendemain l’activité des restaurants et autre fast-food, le confinement nous a propulsé dans un schema où l’on mange chez soi, et en famille, 2 fois par jour (ou plus, chez certains), sept jours sur sept.

Premier impact visible : le budget « produits alimentaires » a explosé durant les premières semaines. Je mets de côté les achats compulsifs de paquets de pâtes, de riz et de rouleaux de papier hygiénique faits par les individus les plus angoissés, et qui ne correspondent qu’à un épiphénomène. Au bout de quelques jours, nous sommes tous entrés dans une sorte de « régime permanent » (régime étant pris dans son sens non alimentaire), avec des quantités de nourriture doubles de celles auxquelles nous étions habitués. Bref, le frigo n’a pas désempli durant ces dernières semaines.

Ce transfert des modes d’alimentation, d’un 50-50 repas à la maison / repas en dehors vers un 100% repas à la maison, a permis d’éviter que le secteur de l’alimentation ne s’effondre, comme le fait remarquer cet excellent podcast Freakonomics sur la nourriture par temps de Covid-19. Là où les conséquences ont été les plus dures, ce n’est pas en amont, chez les producteurs, ni dans la chaîne de distribution, mais en aval, chez les restaurateurs. Ceci explique en partie le bond des chiffres du chômage aux États-Unis.

Il Sedici, à Boulogne, a su pivoter dès le début du confinement

Certains restaurateurs ont été plus malins que d’autre, et ont appris à s’adapter. Mon ami Samy, propriétaire du restaurant italien Il Sedici, à Boulogne, a ainsi transformé son activité : ne pouvant plus faire fonctionner sa salle de restaurant, il est passé en mode livraison. Et pour accroître la demande, il a proposé une offre intelligente : pour toute pizza achetée, une pizza offerte aux équipes médicales de l’hôpital Ambroise Paré, à proximité. Malin, utile et solidaire, n’est-ce pas ?

Deuxième impact visible : nous nous sommes mis à cuisiner des choses que nous n’aurions jamais osé cuisiner. Et tout le monde s’y est mis, adultes comme parents. J’en veux pour preuve le nombre de personnes qui ont partagé, sur Facebook ou Instagram, des photos de baguettes de pain faites maison. On a donc vu fleuri les photos de baguettes, réalisées avec plus ou moins de réussite, certes, mais avec, à chaque fois, le sentiment d’un réel accomplissement personnel. De toute évidence, c’était aussi motivé par le besoin d’éviter de prendre le risque d’une contagion en faisant la queue chez le boulanger du coin. Et tout cela a certainement dû avoir un impact significatif sur l’activité des boulangeries, dont plusieurs vivaient en outre de la vente de sandwich pour les actifs à proximité.

Troisième et dernier impact : la prise de poids. Là, il n’y a pas besoin de photos, je vous laisse poser vos mains sur vos hanches et juger le résultat par vous-même… Et par voie de conséquence, est apparu ce besoin impérieux de faire du sport pour éviter de transformer le confinement en grossissement. Pas facile, dans des espaces réduits. Les pompes et autres « burpies » (dieu que ce mot est laid) n’ont probablement pas réussi à venir à bout de ces poignées d’amour, nées à l’ombre du Covid-19.

Le déconfinement nous fera-t-il suivre le chemin inverse ? Plus de sport et moins de bouffe ? Tant que les restaurants resteront fermés, c’est peu probable. Nous continuerons à déguster les délicieux plats mijotés par nos proches. Et à tester de nouvelles recettes, tous les soirs, seul ou en famille.

Et nous garderons à jamais le souvenir des délicieux repas de confinés.

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