Le parti de la liberté

L’excès de liberté est liberticide. La preuve en est donnée par Timothée Ansieau, dans une pièce qu’il a écrite, et qu’il interprète avec Lisa Veyrier et Arthur Chevalier, dans une mise en scène de Haroun, au Funambule de Montmartre depuis le 29 février. La pièce s’appelle Le parti de la Liberté, et elle vaut le déplacement.

Après l’Italienne, Pierre Berrebbi (Dario Prod) vise juste, de nouveau!

L’histoire est toute simple: deux jeunes glandeurs (bac + 2 années de glande, plus exactement), Auguste et Victor, décident de créer leur propre parti politique, pour défendre  une valeur simple, la liberté. Un nom simple: « Le parti de la liberté », et un slogan simpliste « La parti de la liberté, osez vos envies« .

Ce qui n’était qu’un jeu va se développer au-delà des espérances. Les adhérents affluent, c’est le succès. Mais celui-ci se traduit de manière différente auprès des deux fondateurs. Auguste, le président, prend la grosse tête: il comprend qu’il dispose désormais d’un atout maître pour asseoir son esprit de domination. Victor, quant à lui, glisse dans une relation de dominant-dominé avec son ami: trésorier, organisateur du parti, il vend peu à peu son âme au « Guide de la liberté ».

Un troisième personnage, Juliette, va servir de témoin. Ex petite amie d’Auguste, elle revient vers lui par jeu au moment où il crée son parti, avant de comprendre la dérive qui s’opère au long de ces 90 minutes. Au soir des élections, remportées haut la main par Auguste Renti, un drame se noue…

Les acteurs, tous jeunes et fraîchement sortis du cours Florent, jouent à la perfection. Le thème est d’actualité, même si on ne trouve heureusement aucun Auguste Renti parmi les candidats actuels… Mais la pièce illustre bien la frontière bien fine entre le populaire et le populisme. Un peu de pouvoir, au mains de tyrans potentiels, suffit à faire basculer un peuple….

 

Cet article vous a plu ? Pourquoi ne pas le partager ?