Eurovision 2019: du bon, du très bon, et du moins bon

Comme chaque année, la famille Kabla se retrouve un samedi de mai plantée devant son écran de télévision, un samedi soir, à regarder le concours (grâce à ce miracle de la technologie qui permet de programmer son poste de télé). Et comme cette fois-ci cela se passait à Tel-Aviv, suite à la victoire de Netta l’an passé, raison de plus de faire la fête. Que tirer de ces quatre heures de show international?

Du très bon

Rien à dire côté show, le Eurovision Song Contest est une machine bien rodée, avec grosso modo 3 types de chansons: de la pop nordique, des chansons à thème, et des chansons complètement déjantées. Ce mélange subtil, agrémenté des commentaires de Stéphane Bern, permet de passer une assez bonne soirée de divertissement, moins abrutissante qu’une soirée The Voice. Mais diable que c’est long d’attendre tous ces votes…

Côté palmarès, rien à dire, les pays arrivés en tête ont livré une prestation à la hauteur, avec des titres très agréables à écouter, qu’on peut retrouver sur une playlist Spotify.

Honneur au chanteur Néerlandais, Duncan Laurence, interprète d’un superbe titre: Arcade.

Du bon

Côté réalisation, le show mis en place par les organisateurs israéliens était à la hauteur, avec le mannequin Bar Rafaelli et la journaliste arabe israélienne Lucy Ayoub, accompagnées des présentateurs Erez Tal et Assi Azar. Pas mal d’effets spéciaux, la présence de Netta dans une interprétation très jaune de Nana Banana…

Mais surtout, la présence de deux vedettes internationales, le chanteur israélien Idan Raichel, dont la particularité est de chanter en compagnie d’artistes étrangers tous différents, un peu partout dans le monde, et … Madonna, très attendue en Israel, dont le cachet fait débat, et dont le spectacle frisait le mauvais goût par certains moments. Arborant un bandeau sur son oeil gauche (en référence à Moshe Dayan? ce serait là aussi assez douteux…), la star américaine a probablement compris qu’il n’y a rien de tel, pour lancer un nouveau titre ou un nouvel album, qu’une diffusion internationale auprès de 200 millions de téléspectateurs, au moment – juste avant les résultats des votes – où tout le monde est devant son écran.

Du moins bon

C’est à chaque fois la même chose, mais il m’a semblé que samedi dernier, cela avait atteint un stade tellement avancé que Stéphane Berne pouvait se faire gentiment passer pour mentaliste: les votes des « professionnels » de chaque pays était particulièrement orientés, et en faveur des pays amis ou limitrophes, surtout le vote à 12 points. À cet égard, c’est une excellente occasion pour faire un cours accéléré de géopolitique et d’histoire de l’Europe à sa progéniture. Du reste, il est assez incompréhensible qu’un Européen habitant un pays nordique soit insensible aux charmes fous des mélodies du sud. La nature est parfois étrange…

Du franchement mauvais

Comme tout événement se déroulant en Israel, cette finale de l’Eurovision a suscité son lot de critiques, et de propos stupides. Dans cette catégorie, la palme du ridicule revient sans doute au groupe Islandais. Non content d’avoir interprété un titre d’une qualité douteuse, avec une chorégraphie rappelant plus un spectacle sado-maso qu’autre chose (merci pour les enfants devant leur poste), ces imbéciles n’ont rien eu de plus intelligent à faire que de montrer une écharpe « Palestine » pour marquer… marquer quoi au fait? Leur solidarité avec l’Autorité palestinienne? Leur critique d’un spectacle qui se veut apolitique? Attendons que le trio Hatari fasse preuve d’autant de créativité lorsqu’aura lieu un concours de la chanson dans un pays avoisinant (Syrie ou Egypte, par exemple), le jour où les femmes, les trans et les homos auront le droit d’y chanter devant plusieurs millions de spectateurs en toute liberté…

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