Européennes 2019: après le match de 2017 et en attendant 2022…

Ce soir, à l’issue d’un scrutin qui a vu le taux de participation faire un sursaut par rapport aux précédentes années, et après plus de six mois de désordre national sur fond de manifestations de gilets jaunes, ces élections européennes ont principalement fait 3 vainqueurs, 3 vaincus. Les résultats de la vingtaine d’autres de petites listes sont insignifiants, même s’ils représentent plus de 15% des voix…

Vainqueur, le Rassemblement National, sans hésitation. Le partie de Marine Le Pen arrive en tête. On verra demain à combien de voix correspond ce résultat, ce sera significativement plus faible que le résultat de la présidentielles de 2017. Mais le fait est là: le contingent de députés européens français comptera un maximum de représentants de l’extrême-droite. Quand on se souvient des affaires de financement occulte du FN, on se dit que les électeurs français sont bien indulgents.

Vainqueur, Emmanuel Macron, mais on mode mineur. Si son parti arrive en seconde position, sa stratégie d’implosion des partis traditionnels de droite et de gauche continue de bien fonctionner. Mais attend, toute médaille a son revers. La suffisance de ses représentants est parfois exaspérante. Et la disruption du paysage politique français prive l’électeur français d’alternatives crédibles, et on aboutit à cette confrontation dangereuse entre LREM et le RN, dont 2022 sera probablement le prochain round. La

Vainqueur, Yannick Jadot. Malgré l’absence de soutien des principaux ténors des mouvements écologistes. Le score d’EELV, arrivé 3ème, lui permet de progresser en nombre de sièges au parlement européen. On peut y voir, peut-être, l’orientation très écolo du discours des candidats de la liste LREM: comme lorsque la droite muscle son discours pour draguers les électeurs du FN, ici les électeurs auraient préféré « l’original » à la copie.

Perdant, Jean-Luc Mélenchon. La France Insoumise ne parvient plus à rassembler suffisamment d’électeurs pour défendre ses valeurs. A moins que les électeurs européens aient compris que ce parti n’apporterait probablement rien à l’échelon européen, et qu’il n’ira jamais au-delà du rôle de trublion – pour ne pas dire bouffon – du paysage politique français.

Perdants, Les Républicains. La descente aux enfers se poursuite, et on voit mal comment ce parti se remettra de la désaffection de ses leaders historiques. Laurent Wauquiez n’a ni l’envergure, ni le potentiel de ces personnalités qui ont façonné la droite française, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, en passant par Philippe Séguin ou Alain Juppé.

Perdant, enfin, le Parti Socialiste. Il fut un temps où ce parti incarnait l’espoir, la renaissance, des valeurs de gauche qui couvraient un spectre relativement large. Il parvient à peine à se hisser au-dessus du seuil des 5%, lui permettant d’être représenté au parlement européen.

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