Macron II

Voilà, c’est fait, Emmanuel Macron a été réélu, avec un score confortable. Mais les apparences sont trompeuses.

Tout d’abord, le score. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, cela semble converger vers un 58-42 très honorable. Mais loin du score de 2017. L’écart avec le président sortant, qui était de l’ordre de 10 millions de voix en 2017, a été divisé par deux, et la candidate du RN va flirter avec les 13 millions de voix. Autrement dit, un électeur sur trois est prêt à voter pour le leader d’un parti d’extrême-droite. Il y a quelque chose de pourri dans la démocratie française…

La stratégie élaborée par Emmanuel Macron, consistant à profiter de la faiblesse – voire y contribuer – des partis historiquement forts, pour s’ériger en rempart contre l’extrême-droite atteint ses limites. Le « front républicain » qu’on avait pu voir à l’oeuvre en 2002 ne veut plus rien dire en 2012.

Ce qui est étonnant, c’est que les reproches adressés à Emmanuel Macron sont parfois complètement contradictoires. Certains lui font porter une responsabilité majeure dans l’effritement de l’autorité de l’état. D’autres lui reprochent au contraire d’avoir instauré un état totalitaire au travers de la politique sanitaire. Certains lui reprochent d’être trop européens, d’autre de ne l’être qu’à moitié. Et caetera. Rien de neuf sous le soleil, après tout, il faut bien que les contradicteurs fassent leur boulot. Et puis, il faut bien que le « en même temps » si cher au président serve à quelque chose…

Dans les prochains jours, voire les prochaines heures, un nouveau premier ministre sera appelé à former un nouveau gouvernement. Jean Castex a fait son temps, il faut passer à autre chose. Mais quoi ? Un homme ou une femme ? Plutôt de droite ou plutôt de gauche ? Écolo ou porté par une forte de volonté de ré-industrialiser le pays ? Charismatique ou technocrate ? Jeune ou vieux ? Terne ou brillant ?Les paris sont ouverts…

J’ai aussi le sentiment que les législatives seront bien plus difficiles à négocier qu’en 2017. Certes, les partis de gauche et de droite ont été affaiblis lors du premier tour. Mais cela ne concerne que les candidats portés par ces partis, qui restent encore relativement forts dans les régions. Leurs ténors seront-ils prêts à trahir leur parti d’origine et à rejoindre les rangs de la Macronie ? Les extrêmes, de droite et de gauche confirmeront-ils leur percée ?

Les six semaines de tractation qui commencent vont être passionnantes…

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