Le lent déclin de l’enseignement en France…

Le tweet du jour, c’est ce thread que Twitter m’a poussé hier soir, suite à un retweet de Laurent Alexandre, sur le lent déclin de l’enseignement en France. Ils ‘agit d’une analyse, sur la base des données diffusées de manière publique par le ministère de l’Éducation Nationale, des statistiques de succès au bac, sur les trente dernières années, plus précisément de 1987 à 2019, via les données de la DEPP.

Que constate notre ami Twittos? Plusieurs choses.

  • En une trentaine d’années, le nombre de candidats au bac est passé de 250 000 à près de 400 000 ! Une progression surréaliste de deux tiers de candidats en plus. 
  • Si les filières scientifique et économique se maintiennent, en revanche la filière littéraire s’effondre.
  • Le taux de réussite, lui, n’a eu de cesse de progresser, comme l’indique le graphe ci-dessous:
  • Idem pour le taux de mentions (AB, B, TB), passé de 20% à 60% toutes filières confondues
  • Le taux de mentions TB, lui, s’envole littéralement, passant de 0,4% à plus de 12%!

Que déduire de tout cela? Qu’on donne le bac à tout le monde ou presque? Qu’une mention au bac ne veut quasiment plus rien dire? Que la sélection ne s’effectue plus dorénavant à l’issue du cycle collège-lycée, mais après le bac? La réponse à ces questions est probablement positive.

Cette analyse reflète également un changement majeur de notre société. À la fin des années 80, la France disposait encore d’une industrie forte dans de nombreux domaines, les services n’étaient pas si développés. Trente ans plus tard, notre industrie s’est mutée, s’est automatisée, pour les branches qui en survivent. C’est vers le tertiaire que doivent s’orienter les jeunes. Était-il raisonnable de maintenir les filtres en cours il y a 30 ans? Probablement non. Le « relâchement » qu’indiquent ces statistiques quant à l’obtention du bac est probablement corrélé à cette évolution.

Ce relâchement a eu comme effet induit de permettre à de plus en plus d’élèves de s’en sortir avec des moyennes honorables, et d’accéder à une mention. Il atteste autant, finalement, d’un affaiblissement du niveau global de nos bacheliers, que de la disparition des moyens de sélection dont on disposait pour orienter les élèves vers les filières d’excellence. Car ce n’est pas en facilitant un peu plus chaque année l’accès au baccalauréat à un plus grand nombre d’élèves, qu’on les transformera automatiquement en excellents élèves…

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