Deux émirats, sinon rien !

L’Histoire retiendra que six mois après le démarrage de la pandémie de Covid-19, et contre toute attente, le petit état d’Israel (22 000 km2 et des brouettes) signa un accord de paix historique – d’ailleurs, un accord de paix pourrait-il être autre chose qu’historique – avec deux monarchies du golfe, Bahreïn (763km2 selon Wikipedia) et les Emirats Arabes Unis (83 600 km2, un géant par rapport aux autres).

Il était urgent de faire la paix, le Covid-19 écrase les frontières

L’historie retiendra sans doute également que les deux états précités n’étaient a priori pas en guerre ouverte avec l’état hébreu, si ce n’est qu’ils faisaient partie de la Ligue arabe, qui elle-même n’a pas été, durant les dernières décennies, le plus fervent défenseur d’une présence juive au proche-orient. À ce titre, on peut donc bien parler d’accord de paix.

Au demeurant, les accords de paix deviennent souvent des accords commerciaux, voire des partenariats stratégiques, aussi bien sur le plan commercial que militaire. Qui n’a pas rêvé un jour de voir les influents pétrodollars alimenter la non-moins influente Start-up Nation (la vraie, pas l’autre) afin de contribuer à un monde meilleur, où le lait et le miel couleraient en version XXL ?

L’histoire retiendra que les trois états en question ont au moins un ennemi commun, dénommé Iran, qui dispose d’une superficie de 1,648 millions de km2 (trois fois notre bel hexagone), état qui depuis l’accession du régime des mollahs n’a eu de cesse de démontrer ses instincts belliqueux, auprès de ses voisins les plus proches, avant de menacer ceux installés de l’autre côté du golfe persique, et a tout fait pour se doter, très récemment, d’un arsenal nucléaire, malgré l’embargo décidé par son ennemi numéro un, alias le grand Satan, allié indéfectible (en théorie) du petit Satan venu signer sur ses terres l’accord de paix précité ?

L’histoire retiendra que c’est à quelques jours des élections présidentielles organisées au sein du grand Satan, et du moins en moins probable renouvellement du mandat du fanfaron qui le dirige, que furent apposées les signatures des dignitaires venus représenter les trois états concernés. Que la journée fut chaude et ensoleillé, malgré le rappel, la veille, par le très haut dignitaire à la tête du grand Satan, que tout cela finirait bien par refroidir.

Et l’histoire retiendra sans doute le vert éclatant du tailleur porté par l’épouse du dirigeant israélien, venue, comme elle en a l’habitude depuis plus de deux décennies, chaperonner son Binyamin d’époux aux frais de la princesse.

L’année 5780 finit en beauté, non ?

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