De l'aeronautique à l'automobile…

La dépêche est tombée ce matin, elle confirme le départ de Christian Streiff chez PSA, en remplacement de Jean-Martin Folz. En parlant avec mon épouse ce soir à table, elle me fait part d’une discussion ce matin avec un de ses collègues, qui s’étonne qu’on nomme un ex-dirigeant d’une grande entreprise aeronautique à la tête d’un des fleurons de l’automobile française. La question vaut d’être posée, quelle réponse peut-on y apporter?
Christian Streiff n’est pas à proprement parler un grand patron issu du monde de l’aeronautique. Son passage chez EADS fut assez bref, en fait. Ses classes, il les a faites chez Saint-Gobain, un grand sous-traitant de l’automobile, entre autres. Secteur qu’il a donc fréquenté abondamment. Son arrivée chez PSA n’a donc rien de choquant ou de particulièrement risqué.
Cependant, le transfert d’un grand patron de l’aeronautique vers le secteur automobile n’a rien de choquant non plus. Alan Mulally, ancien CEO de la division "avions commerciaux" de Boeing, a bien effectué ce type de parcours il y a quelques mois, en prenant les rênes de la société Ford. En fait, les deux secteurs connaissent de singulières ressemblances. Tous deux ont connu une forte période d’alliances et de fusion depuis les années 1990. Les grands noms se sont associés – Daimler-Chrysler, Renault-Nissan d’un côté, Boeing-Mc Donnell, Lookeed-Martin, Aerospatiale-Dasa de l’autre. Tous deux ont fait évoluer leur mode de fonctionnement vers une démarche de grand assemblier, regnant sur une sous-traitance souvent chahutée, et devant faire face à des marges de plus en plus réduites. Des différences profondes subsistent entre ces secteurs, ne serait-ce que la durée du cycle de développement de nouveaux produits, la durée de vie, les réseaux de vente et de distribution, etc.
Souhaitons donc bonne chance à Mr Streiff, qui ne laissera cependant pas un souvenir inoubliable après ces quelques mois passés chez Airbus…

Cet article vous a plu ? Pourquoi ne pas le partager ?