Connaissez-vous Daniel Ek?

Vous ne connaissez probablement pas Daniel Ek. Mais vous connaissez surement la société qu’il dirige: Spotify. Acteur majeur de la diffusion de contenus en musiques, Spotify compte environ 200 millions d’utilisateurs, dont la moitié seraient des abonnés payants. J’en fais partie, sur la base d’un compte familial (15$/mois pour 6 personnes). Je suis passé sur ce type de service le jour où j’ai compris que ce tarif correspondait grosso modo à l’achat d’un CD par mois, ce qui correspondait à mon rythme de consommation de disques, à l’époque où je n’utilisais pas encore de services de diffusion en peer to peer. En un sens, Spotify m’a permis, comme à beaucoup d’autres certainement, de cesser de consommer des contenus musicaux diffusés de manière illégale.

L’interview que Daniel Ek a récemment accordé à Stephen Dubner mérite d’être largement diffusée. On y découvre à la fois le témoignage d’un être profondément passionné de musique, issu lui-même d’une famille pour laquelle la maîtrise d’un instrument comptait, mais aussi l’histoire d’une des plus belles réussites technologiques de ces derniers temps. Loin d’être le démon subversif, destructeur de valeur, qu’on pourrait croire, loin d’être l’ennemi des majors (qui possèdent, en réalité, des parts de l’entreprise), Spotify a démocratisé un mode de consommation de contenus musicaux original, qui permet d’écouter une multitude de types de musique, sans avoir à débourser une fortune.

Loin d’être un CEO déjanté surfant sur une bulle internet, Daniel Ek donne le sentiment d’être un individu doté d’une vision certaine des évolutions des usages et des tendances. Le modèle de rémunération qu’il a contribué à instaurer avec Spotify n’est pas parfait, mais il n’est pas pire que celui qui lui prévalait, avec des majors qui s’enrichissaient sans permettre à la culture musicale de s’étendre et de se diversifier aussi facilement qu’elle le peut de nos jours. Il fait partie, avec d’autres personnalités (Steve Jobs, Jimmy Wales, Zuckerberg) du petit groupe d’individus dont les idées façonnent à la fois les modèles économiques et les comportements à l’échelle de la planète. À 36 ans, c’est déjà pas mal…

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