Comment je suis devenu super-héros

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Les lecteurs de ce blog le savent, je suis un fan de super-héros, depuis ma tendre enfance. Bercé aux BDs marvel et DC Comics depuis mon adolescence, j’ai toujours apprécié ces histoires de super pouvoirs, comme des millions d’autres individus sur Terre. Une petit passage par une psychanalyse pourrait peut-être en identifier les origines, et un scénariste audacieux pourrait sans doute y tirer un scénario farfelu sur un super-héros juif d’origine tunisienne…

Toujours est-il que si j’apprécie depuis longtemps ce type de fiction, j’ai fini par me lasser du mercantilisme des productions Marvel de ces dernières années, hésitant entre un modèle de scenario à deux balles et une production de films conçus pour des minorités qui cherchent elles-aussi à s’identifier à cet univers – d’où mon idée de super-héros juif tunisien, après les super-héros d’origine africaine, asiatique, gays ou non-binaires.

De cette lassitude, je ne suis probablement pas la seule victime. En témoigne la production, ces dernières années, de films de super-héros plus originaux, moins axés sur la reproduction à l’infini d’un modèle désormais totalement appauvri, et plus évocateurs des conséquences possibles de l’émergence de super-héros au sein d’une société moderne. Bien que ce sujet soit au centre de l’univers Marvel originel, on en trouve au final que d’infimes traces dans les films qui en sont issus, et il faut s’orienter vers des films moins conventionnels, comme Les nouveaux mutants ou le très drôle Super héros malgré lui pour bénéficier d’une approche plus originale. Comment je suis devenu super-héros est de cette trempe là.

Sorti en 2021 sur Netflix, ce film s’appuie sur le livre éponyme de Gérald Bronner, sociologue français dont j’ai déjà évoqué plusieurs essais. On y suit les mésaventures d’un policier confronté à une explosion de délinquance sur fonds de vente de drogues permettant à ceux qui en font usage de bénéficier pendant quelques instants des mêmes super-pouvoirs que ceux de mutants qui sont de plus plus fréquents dans la société française. Ce policier bénéficie de l’aide d’anciens super-héros, confrontés aux déboires d’une vie classique, entre la vieillesse, la dépression ou l’envie de passer à autre chose.

On sort donc de l’avalanche d’effets spéciaux – rien que du très classique dans ce film – pour s’intéresser à la psychologie des personnages, au monde des super-héros et à la marchandisation des super-pouvoirs. C’est frais, très surprenant, et aurait mérité un plus franc succès qu’une carrière en demi-teinte sur Netflix.

Mais que voulez-vous, même les super-pouvoirs ne peuvent rien contre une sortie cinématographie initialement prévue en 2020…

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