5G, priez pour nous

Elle est incroyable, la 5G. Non, vraiment. Elle est capable du pire comme du meilleure. En un demi-siècle, j’ai rarement vu sujet aussi clivant. À tel point qu’il devient presque impossible de s’y retrouver, tant les débats se succèdent, débat où l’on entend tout et n’importe quoi.

Du côté des partisans, par exemple. J’écoutais une émission télévisée cette semaine consacrée à ce sujet, et particulièrement au conflit entre la Chine et les USA autour de la 5, C dans l’air, vous savez, le style de débat où des experts en expertise viennent déblatérer et instruire les foules au sommeil tardif. Parmi les experts en expertise, on retrouvait l’inénarrable Pascal Boniface ou le sempiternel Alain Bauer, tous deux experts en 5G en devenir. Ce dernier, d’ailleurs, a sorti un argument imbattable sur la 5G : c’est grâce à elle qu’on va pouvoir trouver le vaccin contre le Covid-19. Incroyable, non ?

Alain Bauer, expert 5G, bientôt expert 6G

Du côté des opposants, bien entendu, on entend les mêmes âneries. Le supplément Les décodeurs du quotidien Le Monde y consacre d’ailleurs un dossier très instructif, qui recense certains propos que nombre de personnes donnent pour avérés, alors qu’il sont faux. Par exemple, qu’en Chine, on éteint les antennes 5G la nuit, que la 5G tue les oiseaux, ou qu’on abat les arbres pour la laisser diffuser.

Alors que les enchères pour l’attribution des fréquences débuteront cette semaine (ça va nous rappeler les enchères pour la 4G, terminées il n’y a pas si longtemps, il serait temps que l’on entende autre chose que les propos approximatifs et les inepties de ceux qui n’abordent la 5G que de manière superficielle.

La véritable question, qu’on se pose tous à longueur de journée, c’est de comprendre à quoi bon proposer une nouvelle génération de réseau de télécommunication, plus rapide que la précédente, bien évidemment, alors que nous avons tous, ou presque, dans notre poche, un smartphone capable de télécharger un film en quelques minutes, d’écouter de la musique en streaming avec une qualité impeccable, ou d’envoyer une photo de 20 mégapixels en un claquement de doigts ?

La voiture autonome. En cas d’accident, une imprimante connectée à la 5G remplit le constat tout seul.

Et la réponse à cette question tien en quelques mots : la 5G, ce n’est pas pour nous autres humains, mais pour nos amis les machines. Car si la 4G convient parfaitement aux besoins de sept ou huit milliards d’êtres humains, il semblerait qu’elle ne suffira pas à assouvir les besoins de quelques dizaines ou centaines de milliards d’objets connectés. Enfin, on ne parle pas de la fraction d’entre eux qui ne restent resteront pas tranquilles à la maison à parler au Wifi, hein, mais de ceux qui partiront gentiment tous les matins se promener.

On vous le dit, la 5G, c’est in-dis-pen-sable. Pour se balader en voiture autonome. Même si moi, personnellement, après avoir fait quelques kilomètres de route de montagne cet été, j’ai de moins en moins en vie de faire une balade en voiture autonome.

Surtout si elle perd la connexion…

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