Une vision d’avenir pour les véhicules propres dans Paris

De tous mes amis, Franck est sans doute celui qui a le plus d’idées. J’aime prendre un café ou déjeuner avec lui, car il a toujours des fulgurances qui vous prennent au dépourvu, et illustrent comment, en prenant quelques décisions simples et claires, on peut faire avancer les choses. Hier, nous avons évoqué ensemble le problème épineux de la circulation dans Paris, depuis la réduction de la circulation sur les voies sur berge. Et voici ce que fut sa réaction…


Source: Wikipedia

« Tu vois », me dit-il, « ce qu’a fait la mairie de Paris, c’est une connerie sans nom. En réduisant le nombre de voies de circulation sur les berges, en réservant de larges espace peu utilisés aux vélos, et en réorientant le flux de véhicules vers la périphérie, Hidalgo a transformé Paris en embouteillage géant (1h40 pour faire Porte d’Auteuil – Porte de Pantin mercredi entre 16h30 et 19h…). C’est stupide, alors qu’il y avait quelque chose de plus simple et de plus visionnaire à mettre en oeuvre.

« Il suffisait », poursuit-il, « de réserver les quais aux véhicules d’avenir. Les véhicules électriques ou hybrides pour commencer, puis ouvrir aux véhicules autonomes. Voilà qui aurait eu de la gueule. D’un point de vue écologique, le résultat aurait sans doute été le même. Mais là où ça change tout, c’est dans la vision à long terme. En devenant l’une des premières villes dotées d’infrastructures réelles dédiées aux véhicules propres ou autonomes, cela aurait d’une part montré à la face du monde comment on change en profondeur les modes de circulation urbain. Mais en plus, cela aurait incité les parisiens à accélérer la migration vers des véhicules propres. Sans parler du partenariat gagnant-gagnant avec les constructeurs! »


Source: Wikipedia

J’adore ces idées simples et efficaces. Réserver les voies sur berges aux véhicules propres ou autonomes, c’est ce que Richard Thaler, prix Nobel d’économie 2017, qualifie de Nudge. Si jamais Anne Hidalgo ou quelqu’un de son équipe tombe sur cet article, j’espère que cela lui donnera des idées. Et s’il veut contacter mon ami Franck, je lui transmettrai ses coordonnées sans problèmes…

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A propos de Herve Kabla

Hervé Kabla, président de Else & Bang, cofondateur de The Daily Finance et de la série des livres expliqués à mon boss avec Yann Gourvennec.

5 commentaires à propos de “Une vision d’avenir pour les véhicules propres dans Paris”

  1. Chacun a son nudge. Mme Hidalgo a certainement pensé qu’en éliminant des voies de circulation, cela forcerait le citoyen à modifier sa façon de se transporter. C’est la technique de Cortez : brûler ses bateaux pour forcer ses troupes à vaincre ou périr. C’est simple et élégant.
    Les embouteillages montrent peut-être qu’elle n’avait pas vu que, pour beaucoup de monde, il n’y avait pas d’autre moyen de faire. Elle ne doit emprunter les routes ou les transports en commun de la Région parisienne.

  2. Une technique qui marche, c’est le péage urbain, permise aujourd’hui par les technologies de l’information. Je l’ai expérimentée à Milan: on paye par Internet quelques euros pour avoir le droit de circuler une journée dans le centre ville. Les contrevenants sont repérés par les caméras placées aux entrées de la zone concernée (reconnaissance de plaques…).
    L’incitation par des mécanismes financiers, cela marche toujours mieux que la coercition.
    Engoncée dans son idéologie rétrograde, Hidalgo a des décennies de retard. Paris n’est même pas capable de verbaliser correctement les véhicules qui ne possèdent pas la vignette Crit’Air.

  3. Les véhicules propres, cela n’existe pas. Les voitures électriques fonctionnent avec des batteries au lithium, or l’extraction du lithium est extrêmement polluante. En substance, on déplace la pollution vers les pays du Sud, mais on ne la réduit pas au niveau planétaire. Vers les pays du Sud…ou au fond des océans, puisque les Chinois envisagent d’extraire le lithium en pleine mer. Superbement écologique, comme chacun pourra en juger…

  4. Les véhicules propres cela n’existe pas. Les voitures électriques fonctionnent avec des batteries au lithium, or l’extraction du lithium est extrêmement polluante. Cela signifie que leur utilisation massive ne ferait que déplacer la pollution vers les pays où l’on extrait le lithium…ou au fond des océans, car les Chinois projettent de l’extraire en pleine mer. Bilan écologique nul.

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