Top Gun Maverick

Vous savez quel est le point commun de presque tous les héros de bandes dessinées ? Ils sont quasi immortels, le temps n’a aucun impact sur eux. prenez Tintin : du premier au dernier album de la série, il a la même apparence, les mêmes traits. Tout comme ses amis. Tout évolue autour d’eux : la technologie, le contexte international, la langue. Mais eux restent identiques. Bien sûr, dans le cas d’Astérix ou du Lieutenant Blueberry, cela n’a pas d’incidence. Mais dans le cas de Buck Danny ou de Tanguy et Laverdure, l’accélération technologique rend l’intrigue improbable. Comment le même pilote peut-il démarrer sa carrière à bord d’un Super Mystère B2 dans le premier numéro, et finir sur un Mirage 2000 dans une trentaine d’années plus tard, en ayant le même look post-adolescent ? Et que dire de Buck Danny, dont la longévité explose même celle de nos héros nationaux ?

Laverdure, au rapport !

Pourquoi cette remarque préalable en guise de préambule à cet article ? Parce qu’avec Top Gun Maverick, on nage dans le même paradoxe. Ou presque. Le capitaine de vaisseau Peter Mitchell, alias Maverick, incarné par un Tom Cruise au sommet de sa forme, est toujours pilote, 35 ans après le premier épisode. Pilote d’essai, même, pour des super jets volant à Mach 10 qu’un sénateur technophile veut, dieu seul sait pourquoi, remplacer par des drones… Pilote d’essai, certes, mMis pas pour longtemps, je vous rassure. Une urgence internationale – un rien, une centrale nucléaire probablement iranienne, incroyablement située à 40km ds côtes, s’apprêtant à être mise en fonctionnement, on demande à un équipage américain de réaliser une mission suicide : partir à quatre aéronefs faire exploser le site et rentrer sain et sauf sur leur porte-avions. Ne me demandez pas pourquoi eux et pas les israéliens, à qui ce type de nettoyage incombe d’habitude.

Et devinez quoi ? C’est Maverick qui doit former les meilleurs de ces pilotes de la Navy, en moins de trois semaines, pour réaliser la mission. Exit la nécessité vitale de faire appel à des drones, oubliée la digression philosophique sur l’avenir des systèmes d’armes modernes vers le tout technologie, et retour aux sources, au bon vieux dog-fight, aux leurres, aux matches sur la plage, aux grosses cylindrées, aux belles nanas…

Tanguy y aura de l’amour !

Sauf qu’on est en 2022 – enfin, 2019, l’année de tournage. #Metoo est passé par là. L’histoire d’amour qui pimente ce genre de film ne se fera pas avec une petite jeunette écervelée, mais avec une cinquantenaire assumée, la toujours aussi sublime Jennifer Connelly – mère célibataire éperdument amoureuse de Maverick (qui le lui rend bien).

Pour la suite, je vous invite à aller faire un tout au cinéma. D’abord parce qu’il est fait frais, et que par la chaleur actuelle, ça vous fera du bien. Ensuite, parce que même si ce n’est pas le chef d’oeuvre de la rentrée, cet épisode de Top Gun est d’excellente facture. Si vous aimez les bandes dessinées où des pilotes s’affrontent pour garantir nos libertés et défendre la démocratie, alors vous l’apprécierez autant qu’un bon épisode de Tanguy et Laverdure, dont Maverick, et son coéquipier du moment, reprennent le look légendaire.

Bref, contrairement à ce que dit le générique, ce film n’est pas un hommage à Tony Scott, Frère de Ridley Scott, et accessoirement réalisateur du premier Top Gun, avec Tom Cruise dans le premier rôle.

Ce film est un hommage à Charlier et Uderzo. Et plutôt réussi.

Ne me dites pas que les scénaristes ne se sont pas inspirés de « Pour l’honneur des Cocardes »

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