Tel Aviv on Fire

Comment parler des territoires occupés, de la cohabitation entre Palestiniens et Israéliens, des check-points, du point de vue des uns sur les autres (et vice-versa) sans tombe dans la bassesse, les clichés ou la violence? Sameh Zoabi a trouvé la recette. Au travers de Tel Aviv on Fire, il livre une comédie raffinée, qui n’est pas sans rappeler certains films de Nanni Moretti.

L’histoire se déroule entre un studio de télévision de Ramallah où sont tournés quotidiennement les épisodes d’une série à succès, Tel Aviv on Fire, un check-point où règne un officier israélien aussi pathétique que drôle, et différents secteurs fréquentés par le héros, Salam. Magistralement interprété par Kais Nashef, Salam est un jeune homme désoeuvré, qui rate à peu près tout ce qu’il entreprend, jusqu’à ce qu’il soit enrôlé par son oncle, réalisateur de la-dite série, pour valider la solidité des dialogues en hébreu.

Il faut dire que la série en question relate l’histoire d’amour entre une espionne palestinienne et un général israélien, à la veille de la guerre des Six-Jours. Par le plus grand des hasards, Salam va devenir le scénariste de la série, non sans que l’officier en charge du check-point par où il passe chaque jour en voiture, ne lui fasse un chantage au scenario: s’il veut revoir sa carte d’identité, seul moyen de rentrer chez lui, Salam devra livrer un happy-end… contre l’avis du réalisateur et de ses mandataires.

Dire que c’est drôle est un euphémisme. Sameh Zoabi use de tous les subterfuges possibles pour faire de cette comédie une cocotte-minute qui s’achève de manière aussi surprenante que réussie. De la mise en abyme de la vie de Salam ou de celle d’Assi à l’intérieur du scénario, à l’interprétation hilarante des dialogues en hébreu prononcés par des acteurs qui en ignorent la grammaire, tout y passe. Bref, si vous vous demandez quoi aller voir cette semaine, allez-y sans hésitation. Et pressez-vous, il ne joue déjà plus que dans quelques salles indépendantes…

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