Shimon Peres a Paris

Comme Kadhafi quelques mois plus tôt, Shimon Peres est venu passer cinq jours à Paris ( à croire que c’est devenue la durée d’une visite officielle…). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains lieux ont été joliment décorés: Champs Elysées, esplanade des Invalides, Assemblée Nationale, etc.

Etonamment, malgré son exceptionnelle longévité politique, Shimon Peres n’est pas le plus connu des politiciens israéliens, pour le public français. Diplomate de talent, qui s’est presque toujours engagé en faveur de la paix, il n’est pas non plus le personnage politique le plus apprécié en Israel. Je crois qu’il n’a d’ailleurs presque jamais remporté une élection; on se souvient de sa défaite historique contre Netanyahu, en 1996: donné vainqueur par les sondages à la sortie des urnes le soir, il avait perdu l’élection au poste de premier ministre en fin de compte le lendemain matin.

Je me souviens également de sa cuisante défaite en 2000, à l’élection au poste de président de la république israelienne. La gauche avait une majorité de sièges à la Knesset, mais ses détracteurs parmi sont propre camp l’ont fait chuter, et c’est le déplorable Moshe Katsav qui fut élu à sa place. On se dit, huit ans plus tard, qu’il aurait pu être un admirable défenseur de la politique israélienne durant les sombres années 2001 à 2004.

Shimon Peres est un homme de gauche, un travailliste, qui a souvent su dialoguer avec sa droite. Il n’est pas un homme de clivage, mais un homme de compromis. Et c’est en-cela que le public israélien de l’apprécie pas. Eternel optimiste, véritable visionnaire en matière d’enjeux internationaux – le projet euro-méditerrannée, il y a cru bien avant notre cher président – , Peres a eu une formidable formule ce matin au micro d’Elkabach sur Europe 1 (je ne sais si c’est de lui, mais la formule est superbe): "Les optimistes et les pessimistes meurent de la même façon, mais ils vivent de manière différente". A méditer…

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