Rica la Vida ou les derniers jours d'une communauté juive au Maroc

Les communautés juives d’Afrique du nord, florissantes au début du vingtième siècle, se sont vidées en même temps que les populations locales accédaient à l’indépendance. Fortes de plusieurs centaines de milliers d’âmes, elles se réduisent de nos jours à quelques milliers d’individus, au Maroc et en Tunisie principalement. C’est la fin de cet âge d’or, que raconte Rica la vida, le roman de Pol-Serge Kakon.


La communauté juive du Maroc est passé de près de 300 000 individus à près de 5000 en une cinquantaine d’années. C’est principalement vers Israël, le Canada et la France que se sont dirigés les juifs marocains, dont la communauté s’établissait dans une multitude de villes du nord au sud de ce pays. Leur présence est attestée depuis l’époque romaine. Les principaux centres en étaient Fès, Marrakech, Tanger, Meknès, Rabat, Casablanca. Le Maroc avait sa propre forme de ghetto, appelée Mellah.

A travers l’histoire de Simon, jeune juif aventurier, l’auteur décrit justement la vie du Mellah dans une petite ville du sud du Maroc, de la fin des années 30 à la fin des années 50. Minuscule société composée de familles assez pauvres ou faiblement embourgeoisées, encore ancrées dans leurs pratiques religieuses ancestrales, mais fortement attachées à leur Maroc natal.

Sans qu’aucun repère historique ne soit réellement fourni, voici Rica, qui tient une taverne dans le Mellah, et son frère Simon, qui traverse la guerre d’Espagne, l’occupation, l’installation du Yichouv, la lutte pour l’indépendance marocaine, et le début de l’exode des juifs marocains. Rica la vida est un livre plaisant, qui fait souvent penser à un ersatz de Mangeclous ou de Belle du seigneur. Le héros de Pol-Serge Kakon n’a cependant pas la classe d’un Solal, et l’intérêt pour l’histoire s’en ressent par moment, hélas.

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