On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps

Médecin urgentiste, Patrick Pelloux est devenu célèbre il y a une dizaine d’années, lors de la canicule de 2003. Fort de cette visibilité acquise, il s’est distingué par quelques ouvrages autour de la médecine et des urgences en particulier. On ne meurt qu’une fois est son dernier ouvrage, paru en 2013, et qui traite de la mort des « grands hommes ». C’est en fait un recueil des chroniques tenues dans Charlie Hebdo. La qualité de l’ouvrage s’en ressent: si chacune des chroniques est parfaite, prise séparément, l’ensemble est quelque peu répétitif, notamment au sujet des rois de France, pour lesquels on passe d’un tuberculeux à un autre.


Certaines de ces chroniques sont cependant savoureuses. Celle de Louis XIII, notamment, dont on peut se demander comment il n’est pas mort plus rapidement, tant les médecins de l’époque l’ont laissé dépérir à petit feu, ne sachant absolument pas comment traiter les pathologies dont il souffrait.

La mort la plus extraordinaire, cependant, c’est celle de Staline. Je vous laisse en découvrir la teneur, c’est morbide et extravagant à souhait. Staline est mort comme il a vécu, en dictateur cruel et craint jusqu’à l’excès. Pelloux s’en donne à coeur joie, c’est un délice.

Parmi les autres textes, on notera deux chroniques qui traitent des morts sur les champs de bataille, à Waterloo et lors du débarquement de Normandie. On peut y observer tous les progrès réalisés par la médecine de guerre, en l’espace d’un peu plus d’un siècle. Patrick Pelloux y égratigne au passage l’empereur, dans un récit de sa dernière bataille bien peu glorieux pour lui, par comparaison avec celui qu’en fait Stefan Zweig (et dont je parlerai dans un prochain article).

Bref, rien de tel que ce livre pour se familiariser avec la grande faucheuse, avec un peu de recul.

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