Mon premier Raspberry Pi
Je me souviens avoir écrit un premier article au sujet du Raspberry Pi il y a une dizaine d’années. J’y marquais mon enthousiasme pour ce type d’initiative : monter un petit ordinateur de poche, pour une somme modique, à la portée de toutes les bourses, il y avait quelque chose de magique. Pourtant, au fil des années, je ne m’étais que très rarement retrouvé au contact de ce type d’appareil. Un Raspberry Pi était apparu à l’agence Be Angels en 2016, sur l’initiative d’un salarié astucieux qui avait branché un compteur de like sur un modèle 2, que j’ai fini par récupérer parmi le bric-à-brac d’appareils inutilisés de l’agence, lors de sa fermeture en 2021. Ce Raspberry Pi 2 fonctionne encore, j’ai pu le rebrancher pour faire des tests, mais son interface est lente et laborieuse, et son vieux chromium ne supporte pas les sites récents.
Qu’à cela ne tienne, j’ai franchi le cap et me suis commandé un Raspberry Pi plus récent, un modèle 5. Doté d’une carte mère bien plus puissante, de 8Go de RAM, il fonctionne avec une carte microSD de G4Go et un noyau Linux qui lui permet de faire tourner pas mal d’outils. C’est vraiment étonnant, il suffit d’installer la version d’OS qu’on veut utiliser avec Raspberry Pi Imager, de configurer les accès, de mettre la carte microSD dans le lecteur, et ça démarre. L’univers Raspberry permet même une prise en main à distance si on souhaite dépanner son appareil depuis un lieu éloigné. Bref, un petit appareil sympa et bien pensé.
Mais il y a un hic. Si le Raspebrry Pi de l’agence avait été monté par le salarié astucieux dont il est question plus haut, celui que je me suis procuré est arrivé … en pièces détachées. Et je dois avouer que je n’en menais pas large quand j’ai ouvert l’emballage du précieux appareil.

Il faut dire que je suis un piètre bricoleur. Je suis si peu doué en ce domaine, que j’ai même réussi à cramer des douilles en changeant une ampoule, ou à brancher deux batteries de véhicules dans le mauvais sens, provoquant un début d’incendie. Bref, je suis une quiche. Et face à ces nombreuses petites pièces, je ne savais pas par où commencer. Aucune notice, et ni Claude ni ChatGPT ne me semblaient suffisamment clairs dans leurs instructions. Quant à DB-TRONIC, le distributeur de la version du Raspebrry que je m’étais procuré, il ne propose qu’une page sur son site, avec une vidéo dotée d’une musique agaçante. En voyant que la personne utilisait des gants pour monter son appareil, je me suis mis à avoir les mains moites : où diable avais-je mis les pieds ?
Il a bien fallu commencer par quelque chose, et j’ai donc patiemment suivi la vidéo, repassant certaines séquences plusieurs dizaines de fois pour bien comprendre quelle vis ou quelle pièce il fallait utiliser. Au terme d’une heure de montage, je suis pourtant parvenu à mes fins – avec quand même une petite frayeur au moment où le gars monte un disque SSD que je ne trouvais pas dans la boîte, normal puisque par défaut, cela fonctionne avec une carte microSD.
Le résultat est surprenant. Avec son petit ventilo très élégant, le Pi 5 ne fait absolument aucun bruit. Il est relativement rapide, simple à configurer – il suffit de brancher une souris, un clavier et un écran, le cable HDMI est fourni. Autre élément surprenant, ce qui semble être la « nappe » qui relie la carte mère au processeur. À un moment, j’ai cru que c’était du scotch et j’ai même failli donner un coup de ciseaux dedans…
Bref, si vous ne l’avez encore jamais fait, n’ayez cratine : si j’ai réussi à le monter, vous n’aurez, je pense, aucun mal à faire aussi bien. Voire mieux.
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec










