Le chant du loup

Les films de sous-marins ne sont pas toujours passionnants. Difficile de tenir le spectateur en haleine depuis un couloir encombré d’écrans et où la seule action, ou presque, réside dans l’envoi d’une ou deux torpilles sur un ennemi dont on n’entend que le faible écho d’un bip-bip de temps à autre… Pourtant, avec Le chant du loup, Antonin Baudry réussit à nous captiver pendant presque deux heures, dans un style d’un réalisme éblouissant.

Il faut dire que le scénariste de l’excellente bande dessinée Quai d’Orsay, ancien élève de l’X et de l’ENS, sait y faire. Son histoire retrace le parcours d’un équipage de sous-marin, des côtes syriennes à l’Atlantique Nord, alors que la Russie se fait menaçante, et que le spectre d’une guerre nucléaire prend visage. Car un sous-marin, ça ne sert pas qu’à chasser d’autres sous-marins. Cela permet, par exemple, de récupérer les membres d’un commando opérant en territoire ennemi, ou de lancer une attaque à distance à l’aide de missiles balistiques…

La force du récit, c’est qu’il tourne autour d’un individu, d’un rôle, clef à bord d’un sous-marin: celui de « l’oreille d’or », ou plus exactement de l’analyste en guerre acoustique (abrégé en AnaGa). Sa mission consiste à identifier les bruits transmis au sous-marin par le milieu aquatique. C’est lui qui est chargé, à l’oreille, de distinguer bateaux de pêche, animaux, navires de guerres et sous-marins ennemis. Jusqu’à identifier la « classe » du vaisseau, voire son identité.

Le problème, c’est que si cette « oreille d’or » hésite ou se trompe, les conséquences peuvent être désastreuses. Si vous voulez en savoir plus, allez voir le film, ou mieux, lisez l’interview d’Antonin dans la Jaune et la Rouge.

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