La femme au tableau: un bon sujet, un film moyen

La spoliation – pour ne pas dire simplement le vol – d’oeuvres d’art par les Nazis durant la seconde guerre mondiale est une entreprise dont on n’imagine pas l’ampleur. La disparition quasi complète de certaines familles a rendu la récupération des oeuvres parfois difficile. Mais lorsque les ayant-droits sont encore en vie et se doivent se battre pour récupérer leurs biens, l’injustice n’en est que trop flagrante.

La femme au tableau raconte l’histoire authentique de Maria Altmann, dont la famille disparut durant la Shoah, et qui pur récupérer les biens dont elle héritait au terme d’une procédure incroyable qui l’opposa à l’état autrichien.
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Film tragique, La femme au tableau explore un volet rarement évoqué de la tragédie des juifs d’Europe. Helen Mirren y campe remarquablement cette vieille dame juive qui cache sa souffrance derrière une dignité de fer. Ryan Reynolds en avocat débutant s’en sort pas trop mal.

Mais le film souffre d’une structure narrative déficiente, consacrant un temps incroyablement long aux flashbacks et aux premières étapes de la procédure, qui le mènera d’une salle de tribunal quelconque à la Cour Suprême puis au règlement du litige dans une procédure d’arbitrage bâclée en quelques plans et moins de cinq minutes, là où quelques explications et un peu plus de matière sur cet arbitrage, précisément, auraient servi davantage que les piètres scènes de famille. C’est dommage, et le film, pourtant bien parti, finit de manière abrupte, un peu comme si le réalisateur manquait de pellicule.

Bref, ce qui aurait pu être un film magistral sur un sujet délicat, s’avère un bon téléfilm, bien moins intéressant qu’un documentaire. C’est évidemment dommage.

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