Jacques C., stagiaire au Quai d'Orsay

La dernière gaffe du president de la republique, lors d’une interview accordée a des journaux américains, fait froid dans le dos. Ainsi, Jacques Chirac admet implicitement l’existence du programme militaire iranien, et ne s’en effraie pas ! Seule la proliferation l’inquièterait !

« Je dirais que ce n’est pas tellement dangereux par le fait d’avoir une bombe nucléaire – peut-être une deuxième un peu plus tard, bon… ça n’est pas très dangereux. Mais ce qui est dangereux, c’est la prolifération. Ça veut dire que si l’Iran poursuit son chemin et maîtrise totalement la technique électronucléaire, le danger n’est pas dans la bombe qu’il va avoir, et qui ne lui servira à rien… Il va l’envoyer où, cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. »

Bravo pour la qualité de l’analyse! Et une fois Teheran rasée, la bombinette iranienne ira-t-elle gentiment se poser sur un champ de mais ? Ou finira-t-elle par raser une autre grande ville, du type Haifa ou Tel Aviv? Match nul ?

Ce qui m’effraie, c’est que Jacques Chirac accorde au terme de « dissuasion » un pouvoir bien plus grand qu’il n’est. La dissuasion nucléaire n’a de sens qu’entre états démocratiques, responsables dans leurs relations avec leurs voisins. Il me semble que l’Iran actuel, republique qui a porté à sa tete un fou qui parle de rayer de la carte un autre état civilisé, ne répond aux critères que l’on est en droit d’exiger d’un état prétendant posséder le feu nucléaire. Concevoir une politique de dissuasion qui mette sur un pied d’égalité l’Iran et Israel, c’est jouer un jeu dangereux.

Quand a la proliferation, il n’était nullement besoin d’attendre le programme nucléaire iranien pour s’en inquiéter. Décidément, la politique étrangère de la France est entre de bonnes mains…

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