Ex Machina

Film d’anticipation d’une sobriété extrême, Ex Machina plonge le spectateur dans un huis clos d’une intensité particulière. Son principal intérêt, au-delà du scénario original, est de faire découvrir aux béotiens les notions les plus récentes en matière d’intelligence artificielle. À ce titre, il mérite d’être vu par un public aussi large que possible, susceptible d’être confronté, dans un avenir plus ou moins proche, aux types de dilemmes abordés par ce film.

Le scénario est d’une simplicité extrême. Le CEO et concepteur du plus grand moteur de recherche au monde (Sergueï et Larry, fermez les yeux) invite l’un de ses salariés les plus doués à passer une semaine avec lui dans un chalet isolé. Objectif de cette session privée : tester la dernière invention de notre génial CEO, une intelligence artificielle, Ava, extrêmement loquace, et dotée d’un corps au réalisme .. très abouti. L’objectif de cette expérience est de réaliser une sorte de test de Turing. Je dis une sorte, car en l’occurence, l’interlocuteur n’est pas masqué, et il ne s’agit pas de découvrir s’il s’agit ou non d’un humain, mais plutôt de déceler les capacités réelles de cette créature.

Et l’on n’est pas déçu. Car au-delà de capacités classiques de reconnaissance du langage, ou d’utilisation du big data pour alimenter sa conversation, notre IA se révèle une redoutable manipulatrice. Entre Prométhée délirant et Pygmalion surpassé par son oeuvre, notre CEO ne sait plus où donner de la tête.

Même si nous sommes encore loin du niveau de complexité atteint par Ava, et que le problème de l’autonomie énergétique soit traité de manière un peu superficielle (surtout dans les dernières scènes…), on ne peut qu’apprécier le soin apporté à ce film dans l’usage de termes scientifiques, et dans l’acuité des problèmes soulevés.

Un jour ou l’autre, nous, humains, aurons à faire face à des esprits aussi puissants que celui d’Ava.

Il vaudra mieux y avoir été préparé auparavant.

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