Colin Powell

Si Barak Obama a été le premier noir américain à occuper deux mandats de Président des Etats-Unis, il ne faut pas oublier que Colin Powell fut, lui, le premier secrétaire d’État issu de cette minorité. Il fut aussi le premier à devenir chef d’état-major des armées, un poste qu’il occupa dans une période de crise internationale, à l’époque de la guerre di Golfe – celle contre Saddam Hussein, et non celle entre l’Iran et l’Irak.

Ceux qui ont connu ce conflit se souviennent sûrement de ce jeune officier de couleur, à la tête d’une coalition internationale, une surprise pour tous les européens qui croyaient, à tort, que les noirs américains votaient tous pour le parti démocrate. Colin Powell n’était pas un faucon, mais semblait ne s’épanouir que sous des administrations républicaines. Durant les deux mandats de Bill Clinton, il s’opposa souvent aux avis de son équipe proche, et notamment de Madeleine Albright sur la guerre dans les Balkans.

Il faut dire qu’en tant que militaire, Powell était du genre à ne vouloir intervenir qu’à condition de mettre toutes les chances de son côté. Sa doctrine – oui, il existe une doctrine Powell ! – c’était de submerger l’adversaire par un déploiement massif de forces, d’une part, mais aussi de ne s’engager que dans le cas où l’intérêt vital de la nation est menacé, ce qui n’était pas le cas en Bosnie Herzégovine.

Secrétaire d’état sous Georges W. Bush, il s’illustra également par un discours à l’ONU où il justifiait l’intervention contre l’Irak en 2003, pour aller débusquer et détruire les armes de destruction massive en possession du dictateur irakien. On sait ce qu’il advint par la suite. Powell considéra, à juste titre, cette intervention comme une tache dans sa carrière.

Rares sont les hommes d’une telle stature, ayant tenu de telles responsabilités, et capables de reconnaître leurs erreurs auprès du grand public. Colin Powell faisait partie de cette catégorie là.

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