Cinquante nuances de grève

Le regard qu’on porte sur le droit de grève et sur les grèves elles-mêmes varie fortement, selon qu’on est concerné par les revendications des grévistes, ou par l’impact sur les services dont on se trouve soudainement privé. Les grèves des pilotes ou des cheminots n’ont pas le même impact que les grèves des médecins ou des chauffeurs de taxi. Certaines grèves passent inaperçues, d’autres restent longtemps inscrites dans nos mémoires, comme celles de l’automne 1995. Et puis il y a les grèves à Radio France. De celles-là, on en redemanderait presque…

greves radio france
Pourquoi? Parce que pendant cette grève dont les motifs sont sûrement sérieux, les stations concernées (France-Inter, France-Culture, France-Infos) ont continué de diffuser des contenus musicaux, de très bonne qualité, au lieu et place des programmes habituels. On pouvait même, à défaut de Shazam, retrouver la grille de programmes musicaux conçue pour l’occasion.

Certes, nous avons été privés de certains programmes de qualité, et je reconnais que j’ai eu du mal à trouver une formule de remplacements aux Matins de France-Culture (et à l’excellent Brice Couturier). Mais en dehors de cela, j’ai découvert d’admirables mélodies et des interprètes de grande qualité. J’ai même été surpris que cette programmation diffère d’une chaîne à l’autre – je me souviens d’une époque où, durant de telles grèves à Radio-France, on retrouvait les contenus de FIP sur toutes les autres stations du groupe.

Alors oui, chers grévistes, prenez votre temps pour revenir (mais pas trop). Et à votre retour, suggérez donc à votre président de réduire la grille des programmes (vous réduirez surement certains coûts) et de poursuivre cette percée dans l’univers musical. Je suis certain que vous gagnerez encore plus d’auditeurs…

PS: je renvoie les amateurs de grèves vers cette page Facebook originale

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