Christo

Je me souviens de Christo, artiste contemporain décédé hier. Sa spécialité, c’était d’emballer des monuments. Dans les années 80, sa compagne et lui avaient emballé le Pont-Neuf, à Paris. Je ne sais pas pourquoi il avait choisi ce monument plus particulièrement. Peut-être avait-il d’autres ambitions pour Paris, du style emballer l’Arc de triomphe (prévu pour 2021, paraît-il), l’Hôtel de Ville ou la Tour Eiffel, et lui a-t-on gentiment demandé de se contenter d’un monument un peu moins sensible, comme un pont – quoiqu’à y regarder de plus près, un pont, c’est déjà assez sensible, surtout en temps de guerre.

J’avais trouvé cela assez stupide et inutile, à l’époque : je n’étais pas … emballé, si j’ose dire. Je ne connaissais rien à l’art moderne, j’étais insensible à cet aspect créatif. Presque trente années plus tard, je reconnais bien volontiers avoir été un jeune con. Il y avait du génie dans cette confrontation entre le plus vieux pont parisien et une innovation créative de cette sorte. Et je pense que tous ceux qui ont connu cette époque gardent le souvenir de cette vision assez surprenante, un pont qui semblé enveloppé dans du papier crépon.

Au fil du temps, Christo a réalisé des oeuvres encore plus surprenantes, comme ces îles enveloppées, dans ces robes de couleur rose. Était-ce une faute de goût, ou une réminiscence des chewing-gum bazooka ?

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