Au service surnaturel de sa majesté

Située dans le même bâtiment que le musée des années 30, la bibliothèque municipale de Boulogne Billancourt offre à ses lecteurs une multitude d’ouvrages de tout genre : histoire, philosophie, romans, etc. On y trouve d’ailleurs une importante collection de partitions où il m’est arrivé d’aller puiser quelques morceaux à l’époque où je faisais mes premiers pas au piano. On y trouve également un important rayon science-fiction et fantastique, où j’ai d’ailleurs déniché l’excellent roman de Harrison et Minsky. C’est là que j’ai découvert Au service naturel de sa majesté. Il s’agissait pour moi d’une histoire pour ado, à faire lire à mes enfants, pour varier les plaisirs en cette période de confinement scolaire. Mais n’ayant rien de précis à lire en ce long weekend de shavouot, je me suis plongé dedans. Et je dois le reconnaître, je n’ai pas été déçu.

L’histoire met aux prises deux organisations secrètes. Du côté britannique, la Checquy est chargée de combattre toute apparition surnaturelle depuis plusieurs siècles. Elle est au service … de sa majesté comme son nom l’indique, même si la couronne britannique n’y fait pas d’apparition. D’ailleurs, le titre en anglais est plus simple : The rook, terme emprunté des échecs, l’organisation de la Checquy étant calquée sur celle d’un échiquier. L’héroïne est une Tour, et doit collaborer avec des Fous, des Cavaliers et des Pions.

Face à la Checquy, une organisation barbare, Les Greffeurs. Née en Belgique en même temps que la Checquy, elle a pour but de manipuler le vivant pour mettre au point des créatures abominables, capables d’envahir un jour les îles britanniques…

L’héroïne, appelée Myfawny, est une Tour de la Checquy. Son problème, c’est qu’au début du livre, sa mémoire a été effacée, et qu’elle ne sait absolument rien de sa condition. Il nous reste désormais 650 pages pour découvrir ce qui lui est arrivé, au terme d’un roman extrêmement bien conçu, mêlant flashbacks et intrigue en temps réel. Car la Myfawny d’avant la perte de mémoire, prévenue de ce qui allait lui arriver, a laissé tout un tas de notes pour son soi à venir, afin de pouvoir parer aux problèmes qui vont se présenter.

Le lecteur amateur de cinéma et d’histoire abracadabrante y retrouve avec plaisir des univers connus, Une héroïne qui doit se reconstruire après une perte de mémoire (Jason Bourne), des créatures dotées de pouvoirs étranges (comme les mutants des X-men, mais en plus gore), une organisation chargée d’éradiquer les monstres (Men in lack), une école de sorcellerie (Harry Potter), on nage dans du connu. Mais l’imagination débordante de l’auteur, Daniel O’Malley, rend ce roman extrêmement sympathique et original, dans les faits.

Bref, un agréable moment de lecture, pour un public ado ou plus âgé. l a même été adapté en série, et je compte bien me la procurer…

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