Une escapade sur le Canal du Midi

Vous avez toujours voulu suivre le cours d’un canal. Hélas pour vous, vous n’en connaissez que trois :

  1. Le canal de Suez : trop loin
  2. Le canal de Panama : encore plus loin et…
  3. Le canal St Martin : trop près.

Qu’à cela ne tienne : le Canal du Midi est fait pour vous.

Bien sûr, à titre personnel, j’avais déjà entendu parler du Canal du Midi en me rendant à Toulouse. Et je m’étais promis d’y aller, pendant des années, après avoir vu tous les reportages qui lui étaient ,consacrés dans « Des racines et des Ailes », « Thalassa » et sur Arte. Mais ce qui m’a fait basculer, c’est un documentaire d’une cinquantaine de minutes, sur Rmc Découverte : « Canal du Midi, un patrimoine révélé ».

Un peu d’histoire… 

Depuis l’époque Romaine, il y a toujours eu un projet de relier la Méditerranée à l’Océan Atlantique, pour le transport des personnes et des marchandises. Un tel projet a un but bien compréhensible : éviter une navigation longue et coûteuse (voire dangereuse) depuis la Méditerranée française (Provence et Occitanie) jusqu’à la région de Bordeaux et de la Rochelle. On se dispense ainsi de passer par le détroit de Gibraltar et de contourner la péninsule Ibérique. À ces époques successives, il existait encore des pirates en Méditerranée, et les risques d’avaries maritimes étaient importants.

Des plans ont été avancés, mais si tous n’ont pas été sérieux, ils ont toujours été pharaoniques et impossibles à financer. Existe surtout un problème majeur : comment approvisionner en eau de manière permanente ce futur canal ?

Nous avons tous – ou presque – appris à l’école que la Garonne prend sa source dans les Pyrénées espagnoles, passe par Toulouse, puis rejoint la Dordogne avant Bordeaux pour constituer l’estuaire de la Gironde et se jeter ensuite dans l’océan Atlantique. Mais ce que nous ignorons, c’est que ce fleuve, comme la Loire, n’est pas toujours navigable. Il est sujet à des crues et des périodes de sécheresse qui ne fournissent pas un débit satisfaisant pour la circulation des bateaux.

Les siècles passent et nous sommes à présent sous le règne de Louis XIV. Se dresse alors un homme de génie, persévérant et sans connaissances techniques au départ, mais qui se propose de relever le défi. Il se nomme Pierre Paul Riquet (celui de la station de métro ligne 7).

Sans Riquet, pas de Canal, … et pas de station Riquet !

En quinze ans, il viendra à bout de toutes les épreuves hydrographiques, techniques et financières … Il trouve en la Montagne Noire l’approvisionnement en liquide nécessaire, crée le barrage le plus important d’Europe pour approvisionner son canal, innove en créant des pont-canaux, creuse un tunnel dans la roche, façonne une multitude de pont et d’écluses, installe des déversoirs pour évacuer l’eau de pluie ou des crues, établit un port sur la ville de Sète et permet son expansion, etc..

Un trajet pour voyageurs

Un tel parcours, depuis la Méditerranée jusqu’à l’Atlantique, est désormais possible depuis de nombreuses années car, détrôné par le rail et les camions, le canal n’est plus dédié qu’au tourisme et à la navigation de plaisance depuis la fin des années 80. Et, c’est une balade de 240 kilomètres de Toulouse à Sète (un autre canal dit « latéral » a été créé de Toulouse à Bordeaux, mais c’est une autre histoire… ).

Cliché ? non

Comment ?

A pied ? Trop long. On rencontre très peu de marcheurs.

En bateau ? très couru. C’est le fameux « Eloge de la lenteur », le passage des écluses peut se révéler éprouvant tellement elles sont nombreuses. Mais sur une portion du trajet, pourquoi pas ? Les bateaux qui sont à louer disposent de nombreux couchages et d’une plateforme où déjeuner et diner tous les jours au grand air. On peut aussi accoster sur les berges pour visiter alentour.

En vélo ? c’est ce que j’ai fait avec un ami. Selon votre niveau et votre souhait, il est possible de le faire soit en 2 jours (compétiteur) ou plus si vous voulez passer quelques heures ou une journée à visiter des cités que je connaissais, mais dont j’ignorais ou avais oublié la beauté des centres-villes : Castelnaudary, Narbonne, Béziers, Marseillan, Agde et bien sûr Sète et Toulouse.

Le vélo procure en outre l’avantage d’être moins onéreux, de pouvoir trouver des hébergements insolites (caravane, lodge ou gites avec ou sans piscine le long du canal ou plus excentré). Sauf avoir une condition physique correcte, c’est un voyage qui ne nécessite que quelques heures de préparation logistique pour une quantité infinie de sensations : sportives, touristiques, de calme, d’arrêts pour une pause bière ombragée ou pique-niquer au bord de l’eau, d’un
patrimoine architecturale incomparable (écluses de Fonséranes à Béziers, vieux ponts de type romains, tunnel de Malpas, ponts-canaux…), hébergements inattendus avec des hôtes charmants, et tout cela sous le soleil quand il pleuvait dans le reste de la France.

La préparation

Nous sommes partis en train de Paris à Toulouse, avons loué des vélos avec sacoches (indispensables) à « La Maison du Vélo » à Toulouse. Je les cite car leur matériel s’est avéré extrêmement fiable huit jours de location d’un vtVTC (compter 100 euros). Attention, si de Toulouse à Castelnaudary, nous avons un beau ruban goudronné, on peut trouver des chemins avec racines, graviers ou cailloux sur un quart du trajet et de manière aléatoire.

Il est possible de rendre les vélos à Sète mais nous avons repris le train pour un trajet de deux heures de Sète à Toulouse (en Ter le transport du vélo est gratuit, en Intercités : prévoir un supplément) …

Voilà, c’est très simple à organiser, mais il faut s’y prendre un peu de temps à l’avance pour l’hébergement, si l’on y va durant la période estivale, en juillet-aout.


Et pour les curieux qui se poseraient des questions, il ne s’agit pas de moi sur la vidéo Youtube précédente…

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