Traitement clinique des douleurs neuropathiques – Pr Nadine Attal, Hôpital Ambroise Paré

Les douleurs neuropathiques répondent à une multiplicité d’étiologies. Il y a également une multiplicité de symptômes, et de mécanismes. Et pour autant, la douleur neuropathique est considérée comme une entité à part entière. Mais le traitement ne dépend pas de l’étiologie.

Du côté des molécules, des traitements, on sait que les salicylés, le paracétamol, ne marchent pas. Idem pour les inhibiteurs de recapture de la sérotonine ou les neuroleptiques.

Les traitements qui ont une certaine efficacité, par administration par voie systèmique sont:
– les antidépresseurs tricycliques/ISRNA (amitriptyline, duloxétine), via le renforcement de certains contrôles inhibiteurs de la douleur
– les antiépileptiques (prégabaline, gabapentine)
– les opiacés (tramadol, tapentadol)

D’autres traitements, par administration topique ou sous-cutanée:
– les patches de lodocaine 5%
– les patches de capsaïcine 8%. La capsaïcine est un dérivé du paprika. Dispensation hospitalière uniquement.
– toxine botulinique

Ces traitements, par voie systèmique ou par voir topique, sont de plus en plus souvent associés. On retrouve une certaine efficacité quand la monothérapie est insuffisante.

Ces dernières années, de nombreuses recommandations européennes ou internationales ont été publiées, au sujet de ces traitements des douleurs neuropathiques. Les nouvelles recommandations sont:
– pragabaline, /antidépresseurs en première ligne.
– tramadol / traitements tropiques en seconde ligne
– les opiacées forts et la toxine botulique en troisième ligne
Concernant les canabinoïdes, des études ont été publiées, avec des résultats très partagés. Ils ne peuvent pas encore être recommandés dans le traitement des douleurs neuropathiques.

Les résultats thérapeutiques restent cependant encore modestes: les traitement marchent plutôt mal, c’est ce qu’on constate au niveau des essais cliniques.

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