Pourquoi faut-il solder ses congés au mois de Mai en France ?

C’est vrai ça, d’où vient cette norme, respectée à l’échelle du pays, qui consiste à demander à tout le monde de solder ses congés en Mai? Qui a pris cette décision stupide, qui fait de ce mois, déjà si difficile à gérer avec ses trois ou quatre jours fériés potentiels, un véritable enfer pour la plupart des entreprises?

Cet article du JDD évoque plusieurs pistes, liées à la date de déclaration des feuilles d’impôts, ou l’instauration de la cinquième semaine de congés payés, décidée en mai 1982. Mais rien de très officiel là-dedans: on ne saura probablement jamais d’où vient cette tradition.

Toujours est-il qu’avec des configurations comme celle de cette année – 1er et 8 Mai tombant un mardi, jeudi de l’Ascension un 10 mai et lundi de Pentecôte un 21 mai, la tentation de cumuler des ponts en dépensant un minimum de jours est grande. Résultat: si vous venez au travail entre ces jours fériés, vous vous retrouvez dans des open-space à moitié vide, et presque personne pour répondre à vos mails ou à vos coups de téléphone. j’ai même vu passer un tweet qui qualifiait les jours ouvrés de la semaine passée de Lundredi: chaque matin commençait comme un lundi, chaque après-midi finissait comme un vendredi…

Pourtant, il faudra bien qu’on prenne conscience que les perturbations induites par cette décision transforment le mois de Mai en une sorte de second mois d’août. Cet avant-goût de grandes vacances a peut-être beaucoup de charmes pour ceux qui décident d’en profiter, mais il induit une baisse de régime sensible des entreprises.

Un de mes interlocuteurs, du temps où je travaillais avec des israéliens, m’avait un jour dit qu’il était très difficile de travailler avec des français:
– en janvier, on digère les réorganisations de début d’année
– en février, on est en vacances pendant la moitié du mois
– en mars, on peut bosser
– en avril, rebelote avec deux semaines de vacances
– en mai, les ponts et les soldes de congés
– en juin, on est obnubilés par les finales de foot, le tennis et les examens des enfants
– en juillet et août, la moitié des entreprises ne travaille pas, l’autre en prend prétexte pour ne pas avancer
– en septembre, on peut bosser un peu
– en octobre, on reprend des congés
– en novembre, il y a toujours un jour férié qui gêne
– en décembre, on a la tête soit dans la préparation des fêtes, soit dans les changements induits par la réorganisation

Il n’était pas si loin de la vérité. La croissance reviendra peut-être le jour où un fonctionnaire un peu plus malin que les autres décidera de forcer les entreprises à faire solder les congés … entre le 1er juillet et le 31 août.

Note: en 2012, j’avais écrit un article qui permettait de calculer le nombre de jours fériés par an.

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