Pokemon Gogos

Vous avez surement croisé ces derniers jours des individus, souvent jeunes, penchés sur leur smartphone, déambulant par paquets de deux ou trois, sans trop regarder où ils allaient. Peut-être même faisiez-vous partie d’un de ces groupes d’hurluberlus? Ce sont des joueurs d’un genre nouveau: ils traquent des Pokemon, en jouant au jeu qui fait fureur ces jours-ci: Pokemon Go.

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La folie Pokemon au Bois de Boulogne

Né au milieu des années soixante, j’étais déjà trop vieux quand a éclaté la mode des Pokemon. Ils ne m’ont jamais intéressé, et bien que mes propres enfants se soient passionnés pour Sacha, Pikachu et consort, je reconnais bien volontiers n’avoir jamais accordé d’intérêt à cet univers, ni dans sa version dessin animé, ni sous la forme des fameuses cartes Pokemon qui, paraît-il, faisaient fureur dans les cours de récréation. Et puis Pokemon Go est arrivé, on en a parlé comme d’un phénomène de société, à la frontière du digital, des réseaux sociaux et du drive-t-store, j’ai donc bien été obligé d’installer le jeu sur mon smartphone. Il m’a donc fallu m’y mettre, non par intérêt, mais par curiosité. Et je dois avouer que le weekend dernier, je faisais partie des groupes d’individus cités plus haut.

Pourquoi? parce que Pokemon Go est rudement bien conçu. Développé conjointement par The Pokémon Company, Nintendo et la société Niantic, dirigée par John Hanke (le créateur de … Google Earth !), il permet de partir à la recherche de ces petits animaux aux noms tordus, mais à consonance proche de notre langue quotidienne (par exemple, un des oiseaux se nomme Piafabec). L’application se présente comme une application de cartographie en temps réel, qui utilise le GPS du smartphone. Sur la carte apparaissent différentes informations: des Pokestop (où on peut se recharger), des aires de combat, et bien sûr, des Pokemon. Tapotez sur l’un d’entre eux dès qu’il est à votre portée, et vous passez en mode réalité augmentée: le petit animal s’intègre dans votre univers réel, et il ne vous reste plus qu’à le viser avec une balle. C’est redoutablement simple, et un peu chiant au début, avouons le.
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Nom de code : Kabalesque

Mais au fil du temps, la mécanique du jeu se met en place. Des animaux de plus en plus variés apparaissent (il y en a plusieurs dizaines), leur compétitivité évolue, et l’intégration des Pokestop avec les lieux de votre voisinage crée une interactivité particulière, dont certaines startups opportunistes se sont déjà emparées. Plein d’autres fonctionnalités apparaissent au fil du temps, et vous n’êtes pas prêts de vous arrêter de jouer si vous vous y mettez…
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Connaissez-vous ce Pokemon là?

En soi, Pokemon Go n’invente rien. Des jeux de tir basés sur la réalité augmenté, il en existait déjà … sur mon vieux Treo, il y a près de 10 ans, comme Arcade Reality. C’est l’intégration avec l’univers Pokemon qui est probablement la clef de ce succès phénoménal. Des millions d’individus ont été bercé par l’univers Pokemon. l’idée de les intégrer dans un tel jeu constitue le plus indéniable qui assure le succès.

Il faut aussi reconnaître que Pokemon Go est addictif. Il n’est pas sans risque: penchés sur leur smartphone, les joueurs – on devrait les appeler Pokemon Gogos – sont captifs de leur imaginaire, et perdent le sens des réalités. les accidents de circulation ne sont pas loin. Accessoirement, Pokemon Go pompe allègrement la batterie de votre smartphone, compter 3 heures max en mode chasse…

Quel est l’avenir de Pokemon Go? La mode passera probablement après l’été, je doute qu’on puisse construire un univers durable sur ce type d’approche. Mais le succès rapide et planétaire illustre bien le potentiel qui réside dans l’utilisation d’un smartphone, dès lors qu’on sait tirer parti de tous les systèmes qu’il embarque: GPS, gyroscope, caméra, connexion internet, etc. Un exemple à suivre.

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