Françoise Rudetzki

Il y a quelques jours disparaissait Françoise Rudetzki, la fondatrice de SOS Attentats. Son parcours et son histoire personnelle, ont probablement structuré très tôt le soutien matériel que notre pays apporte désormais aux victimes d’attentats. Pourtant, c’était loin d’être gagné d’avance.

Françoise Rudetzki fut en effet victime d’un attentat peu commun, jamais revendiqué, l’attentat du Grand Véfour. Dans ce très ancien restaurant parisien, où elle fêtait ses dix ans de mariage avec son époux, un soir de décembre 1983, un individu lance une bombe. Françoise Rudetzki et son époux sont blessés, lui superficiellement, mais elle plus profondément. Elle perd l’usage de ses jambes, et va connaître le terrible parcours qui la mène d’opérations en opérations.

Chef d’entreprise avant ce drame, elle voit sa vie basculer. Deux ans après l’attentat, elle n’a reçu aucune indemnisation. Elle décide de se lancer dans un combat pour qu’on reconnaissance enfin un statut aux victimes, blessées et marquées à vie. Ses démarches aboutiront à la création du Fond de garantie des victimes d’actes terroristes, un fond alimenté par une contribution forfaitaire sur chaque contrat d’assurance sur des biens.

Fille de déportés, victime d’un attentat terroriste, Françoise Rudetzki eut à subir une dernière avanie : elle fut contaminée lors d’une des multiples transfusions sanguines auxquelles elle eut droit, et contracta à la fois le VIH et l’hépatite C, ce qu’elle appelait sa « triple peine ».

Chaque année, depuis la création du fonds dont Madame Rudetzki fut à l’origine, ds milliers de personne déposent un dossier de demande d’indemnisation. Les victimes d’attentat représentent, heureusement, une minorité parmi ces demandes, de l’ordre de 1%. Le reste est constitué de victimes d’infraction de droit commun, qui bénéficient du même type d’aide, grâce à l’action de cette dame dont hélas peu de gens se souviendront.

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