Forum Decideo 2010

J’ai eu le plaisir de participer à la session Web Analytics lors du Forum Decideo, à l’invitation de Philippe Nieuwbourg, et de présenter l’utilisation des médias sociaux en entreprise, et quel impact cela peut avoir en matière d’analyse de données. Rien à voir avec mon passé chez DSF ou Ekoz, donc.

Mais j’ai surtout eu le plaisir d’apprécier les présentations des deux orateurs suivants, Eric Hobein (Europages) et Edouadr Servan-Schreiber (Teradata). Voici ce que j’ai retenu de leurs présentations.

Europages, annuaire d’entreprises européennes B2B traduit en 15 langues, permet aux entreprises de présenter leurs produits et leurs services à l’export. Le montant de ces prestations peut aller jusqu’à quelques milliers d’euros. Europages est capable de justifier de tels tarifs pour une raison bien simple, c’est qu’ils sont capables d’estimer le nombre de contacts (mails, visites du site) à partir du profil de leurs clients.

Comment font-ils? Ils utilisent pour cela des outils de BI, qui traquent les comportement des visiteurs de leur annuaire. Une analyse intelligente des logs du site, qui génère près de 4Go de données par jour, pour environ 4 millions de visiteurs par mois. Ces informations sont exploitées au travers d’une solution dont j’ai oublié le nom, et permettent d’estimer le trafic pour tel ou tel de leurs clients ou prospects. C’est une mine d’or pour leurs commerciaux. Je veux bien le croire.

Edouard Servan-Schreiber présentait une vision autour de l’analyse des données pour le web. L’idée maîtresse, c’est l’analyse des données de navigation (user-centric), et non simplement les statistiques d’accès aux page (web centric). Cela permet d’utiliser efficacement des informations primordiales pour une activité commericale:

  • capter des informations en ligne qui pourront être utilisées offline: tel visiteur du site d’une banque, qui s’intéresse aux prêts immobiliers, et qui contacterait sa banque deux jours plus tard, serait dirigé vers un interlocuteur plus à même de répondre aux demandes de prêt (cela fonctionne déjà chez Wells Fargo)
  • identifier les usages inhabituels (cela me rappelle qu’eBay est l’un des plus gros utilisateurs de BI pour analyser les comportements bizarres et déceler les fraudeurs…)
  • adapter les publicités en ligne, pour s’adapter au profil de manière dynamique
  • être capable d’estimer les signaux faibles, annonciateurs d’une forte demande pour des produits peu pu mal distribués
  • évaluer le volume des ventes perdues, suite à un abandon de chariot (un sur deux, selon Edouard Servan-Schreiber, cela m’a fait penser à une pub pour Teradat, avec des dizaines de chariots remplis, mais laissés en vrac devant la caisse d’un supermarché, avec un slogan: nous avons la solution pour le directeur de cette grande surface…)
  • classer l’intérêt des visiteurs en menace ou opportunité: un visiteur qui s’intéresse directement aux caractéristiques avant toute chose, peut simplement vouloir comparer à un autre site de vente

Mais la conclusion de son intervention était encore plus appréciable: il regrette, en effet, que l’on ait perdu le goût du test en entreprise: essayer, tenter, tester, cela permet de confronter ses idées à la réalité, d’ouvrir de nouvelles voies de réflexion, bref, d’innover. Un discours rafraîchissant.

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