Devenir Feldenkrais

C’et par un ami commun avec Philippe Banquet, l’auteur de cet ouvrage, que j’ai découvert Devenir Feldenkrais, et que par la même occasion, découvert Moshe Feldenkrais lui-même. Je n’avais, jusque là, jamais entendu parler de ce personnage hors du commun, qui rappelle par con côté mystérieux une autre personnalité du siècle, Monsieur Chouchani. Et pourtant, par l’intérêt qu’il a porté à une grande diversité de sujets, Feldenkrais a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui. Le livre de Philippe Banquet est une biographie basée sur les écrits de Feldenkrais lui-même.

Moshe Feldenkrais né en Ukraine au début du 20è siècle, dans une famille juive orthodoxe de la classe moyenne juive, ni riche, ni miséreuse. Il aurait pu devenir un élève studieux dans une Yeshiva, peut-être faire des études en Europe, et qui sait, traverser les dramatiques épisodes du milieu du 20è siècle comme victime et non comme témoin.

Mais le destin en décide autrement; Feldenkrais a la bougeotte. Il ne se sent pas libre, dans cette Ukraine encore largement antisémite. L’appel du foyer national juif, en Palestine, se fait ressentir. Ce n’est que le début d’une longue histoire, qui va le mener de la construction de Tel-Aviv, au boulevard Saint-Germain où, au début des années 30, il intrigue Leon Eyrolles, fondateur de l’ESTP où cet ouvrir autodidacte est venu devenir ingénieur-docteur.

Un parcours qui l’emmènera ensuite en Écosse, où Feldenkrais mettra à contribution ses connaissances techniques et pratiques pour contribuer à l’effort de guerre contre les nazis, non sans avoir eu le temps de se lier d’amitié avec les Joliot-Curie.

Mais ce n’est pas son parcours qui vaudra à Moshe Feldenkrais de devenir célèbre. Non, c’est plutôt sa passion du sport. Amateur de football, il se passionne pour les sports de combat, et met au point les bases d’une méthode qui s’apparenterait au Krav-Maga, bien que la création de ce dernier soit attribuée à Imi Lichtenfeld.

Et c’est cette passion qui l’amène à rencontrer Jigaro Kano, le créateur du Judo, venu démontrer sa méthode à Paris. Feldenkrais se lie d’amitié avec lui, allant jusqu’à écrire des livres sur la pratique du combat, qui serviront à des milliers de personnes par la suite. Et surtout, contribuer à la création de ce qui deviendra la Fédération française de Judo. Se dire que David Douillet ou Teddy Riner doivent une partie de leurs succès à un petit juif issu d’un shtetl en Ukraine, cela ne manque pas de charme…

Moshe Feldenkrais, personnage étonnant, a légué une méthode, qu’il a inventé en cherchant à soigner ses propres douleurs, et utilisée encore de nos jours par des masseurs et kinés un peu partout dans le monde, pour aider des personnes de tout âge à réparer leur corps, à reprendre possession de leur expression physique. Son « patient » le plus célèbre, a immortalisé les bienfaits de cette méthode, par un célèbre cliché. Je n’en dis pas plus, allez découvrir Feldenkrais par vous-même…

Ben Gurion in Sharon Hotel – standing on top of his head (20.9) Herzelia 1957

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