COP21, RTT et tralala

Ainsi donc, se tient à Paris la conférence dénommée COP21. Tiens, au fait, savez-vous ce que signifie COP21? Le terme « COP » signifie Conference of the Parties, librement traduit par Conférence des Parties, autrement dit une conférence à laquelle sont conviés tous les états signataires et membres de l’ONU, si j’ai bien compris. La première COP a eu lieu à Berlin en 1995 (COP1), et il s’en est tenu tous les ans depuis, ou presque: Genève, Kyoto, Buenos Aires, etc. jusqu’à Varsovie il y a deux ans, Lima l’an passé, et Paris cette année. Comment? Vous n’en avez gardé aucun souvenir? Comme c’est étrange, je suis prêt à parier que 99% de nos compatriotes sont dans votre cas, et qu’à part le fameux « protocole de Kyoto », la plupart des représentants de l’espèce humaine se contre-foutent de ce type d’événement.

COP21
C’est que voyez-vous, le changement climatique, c’est comme les économies d’énergie: nous sommes tous concernés, et considérons que nos voisins devraient faire des efforts, que nous n’envisageons absolument pas de faire nous-mêmes. Il n’y a qu’à voir les classements qui fleurissent ici et là, et qui pointent du doigt les plus gros pollueurs, par habitant ou au global: la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, le Canada figurent parmi les mauvais élèves. A eux de s’engager sur le droit chemin et de réduire leurs émissions. Mais vous-mêmes, cher lecteur, qu’avez-vous fait depuis vingt ans? N’avez-vous pas, individuellement, contribué à l’élévation de la température, en utilisant votre véhicule diesel plus que de mesure, en achetant des fruits exotiques en plein hiver, en laissant vos appareils électriques en veille même quand cela n’était pas nécessaire?…


Source: blog Energie & développement

Foutaises que tout cela, vous dites-vous. L’écologie individuelle, le comportement responsable, c’est une goutte face à la mer: les responsables du réchauffement climatique, ce sont les états, ces irresponsables, qui polluent sans vergogne. Ce sont les entreprises, qui se fichent bien de préserver la planète tant que leur business est florissant. Ce sont les agriculteurs, les industriels, les pétroliers, les camionneurs, tous ceux dont le métier nécessite, malheureusement, un bilan carbone négatif. Fort bien, mais il ne tient qu’à vous d’en limiter la nécessité, en commençant par consommer de manière responsable.

En attendant, nous voilà, nous Parisiens, victimes involontaires de cette conférence, dont nous ne savons vraiment ce qu’il sortira. Circulation réduite sur quelques uns des principaux axes franciliens, nous voici réduits à rester cantonnés à la maison, en attendant que cette conférence prenne fin. Et à poser des RTT à défaut de pouvoir travailler à la maison.

Avait-on besoin d’un tel raffut, deux semaines après les attentats du 13 novembre? Bien entendu, rien ne permettait de prévoir qu’une telle conférence coïnciderait avec l’état d’urgence, et que la mobilisation des forces de l’ordre pour protéger les chefs d’état et leurs délégations, viendrait poser des problèmes d’organisation à des effectifs de police et de gendarmerie sur le qui-vive depuis deux semaines. Mais la superposition des deux événements risque de créer de sérieux casse-têtes aux équipes chargées de protéger les principaux sites sensibles de la capitale.

A Paris, en ce début de semaine, l’agenda à long-terme de l’espèce humaine entre en conflit avec l’agenda à court-terme de la nation. Espérons que ni l’un ni l’autre n’en pâtiront.

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