Beresheet : à deux doigts de l’exploit

Ce n’est pas facile, de se poser sur la Lune. Les équipes réunies de SpaceIL et IAI mobilisées autour du projet Beresheet, premier engin spatial israélien et privé programmé pour aller poser ses pattes sur la surface lunaire, en étaient bien conscientes. Et on y a tous crû. Jusqu’à ce moment fatidique où l’équipe au sol a perdu le contrôle de l’appareil, probablement en raison d’une panne du moteur principal. C’était quelques secondes après ce selfie historique.

Israel ne sera donc pas le 4e pays à poser un engin spatial totalement fonctionnel sur la surface lunaire. Mais restera le 7ème à avoir envoyé avec succès un engin orbiter autour de notre satellite naturel. En soi, c’est déjà un exploit, et le slogan « Small Country, Big Dreams » ne relevait pas tant que cela du cliché.

Le moment où tout a foiré…

Pourtant, une question méritait d’être soulevée: à quoi bon chercher à se poser sur la lune en 2019? Ce qui relevait de l’exploit il y a cinquante ans n’impressionne plus guère, pourrait-on penser. Erreur. C’est en mobilisant ses efforts sur des projets difficiles qu’on suscite des vocations, qu’on apprend à maîtriser des technologies que peu d’équipes maîtrisent, bref, qu’on progresse. En dédiant quelques dizaines de millions de dollars à ce programme d’origine universitaire, les philanthropes qui se sont impliqués réalisent sans aucun doute la porté que peut avoir un tel projet à l’horizon d’une ou deux générations.

On réalise également que s’il est difficile d’envoyer un engin dans l’espace, il est tout aussi difficile de le poser correctement au sol, que ce soit sur la Lune, sur la Terre ou sur Mars. Les ingénieurs de SpaceX ou de Blue Origin qui sont parvenus à maîtriser ce savoir-faire sont eux aussi passés par les affres de l’arrivé chaotique, comme le montre cette vidéo assez récente. Il faut dire que chez SpaceX, on cherche à faire encore plus difficile, en se posant sur une plateforme flottante…

Y aura-t-il un second Beresheet? Si l’on se réfère aux conseils de Binyamin Netanyahu, fraîchement réélu et invité à assister aux opérations, « quand on se plante une première fois, il faut essayer une seconde fois… »

Affaire à suivre…

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