Affaire d’état ? Non, des tas d’affaires…

Impossible de ne pas songer la réplique de Fernandel dans le film Henri IV (secrets d’état? Non, des tats de secrets…) en constatant l’étendue du désastre que représente l’affaire du financement supposé de la campagne de 2017 du candidat UMP par feu le dictateur Libyen. En tirant l’écheveau de ce financement occulte, on en vient à se poser des tas de questions sur les grands moments du quinquennat Sarkozy…

A commencer par la libération des infirmières bulgares en juillet 2017. On se souvient du rocambolesque du voyage de l’épouse du président à l’occasion de la libération de ces prisonniers politiques d’un nouveau genre.

Ou encore la visite très médiatique du Colonel Kadhafi un peu plus tard la même année, pendant près d’une semaine, visite à l’occasion de laquelle l’apôtre du panarabisme fit sensation en dressant une tente en plein Paris. Non pour y dormir, mais pour y recevoir ses invités.

Ou encore l’intervention en Libye de 2011. Le printemps arabe avait bon dos, et l’occasion était belle de se débarrasser du colonel, au titre du soutien aux mouvements démocratiques qui fleurissaient ça et là le long de la côte méditerranéenne. Ou encore la disparition du dictateur, lynché par une en Octobre 2011 après être tombé dans une embuscade. On se souvient des images de sa capture.

Mais non, il vaut mieux ne pas divaguer. Et se dire qu’il ne s’agit que de coïncidences.

Récemment, un de mes amis me rappelait que la Paracha de la semaine évoquait les sacrifices que devaient faire les Bnei Israel en cas de faute. Le texte évoque les différents cas possibles en commençant chaque verset par un terme hébreu qu’on peut traduire par « si »: si untel faute comme ceci, si untel faute comme cela, etc. Mais dans le cas du gouvernant, la Torah utilise un autre terme, qu’on peut traduire par « lorsque ». Pourquoi? Pour exprimer que quelques soient les qualités du gouvernant, il finira par fauter, c’est ainsi, cela va avec son rôle. Un président, un premier ministre, un roi, finissent par fauter, parce que leur poste les conduit inéluctablement à cela.

Qu’il s’agisse de Netanyahou (multitude de dossiers en cours), de Sarkozy (de Bygmalion à Kadhafi), de Chirac (affaire de la cassette de Méry), de Mitterrand (affaire Pechiney), de Lula ou de Trump, tous finissent par accumuler les casseroles en fin de mandat (seul François Hollande semble y échapper pour l’instant…). Ce que dit ce verset, c’est qu’il ne faut pas l’ignorer, mais qu’il faut prévoir le cadre juridique qui permet aux gouvernants de racheter leurs fautes.

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