5 bonnes raisons pour cesser la course à l’informatisation de nos véhicules

Andrew McAfee a raison, il faudrait que les constructeurs de véhicules automobiles cessent cette course folle à l’électronique et au digital. Et qu’on retourne aux bons vieux tableaux de bord à l’ancienne, comme celui-ci (devinez-vous de quel véhicule il s’agit?).

Voici au moins 5 raisons qui me viennent à l’esprit.

  1. Avec toute cette électronique, impossible de se dépanner tout seul. Je me souviens qu’à l’armée, en 1984, on m’avait appris à détecter les principales causes de panne sur un véhicule à essence, type Mehari ou 2CV: circuit primaire, circuit secondaire, bougies, distributeur, des choses simples, quoi. Mais en ouvrant le capot d’un véhicule moderne, qu’est ce que c’est devenu compliqué!
  2. Avec toute cette électronique, même mon garagiste s’y perd. L’autre jour ma femme m’appelle: la voiture ne démarre plus. Le dépanneur vient, la dépose (la voiture, pas ma femme) au garage du coin. Diagnostic 3 jours plus tard: il faut changer le dispositif d’injection, il y en a pour 2000€. Pas cool, d’autant plus que j’ai choisi une marque japonaise (Mitsubishi) justement parce que ces véhicules sont fiables. On appelle Mitsubishi, qui nous dit qu’il s’agit en fait d’un moteur Volkswagen (merci la mondialisation), et que des pannes d’injecteur sur ce type de moteur, il n’en a jamais vu… Mais il précise que ça pourrait être dû au transpondeur de la clef de contact. Discussion, analyse, c’est bien le transpondeur. Le garagiste a perdu 3 jours, j’ai failli perdre 2000 euros, merci l’électronique.
  3. Au fait, on ne sait absolument pas ce qu’il y a dans toute cette électronique. Ami des libertés individuelle, toi qui t’inquiète de la géolocalisation à outrance, des données disséminées ça et là, toi qui saisis la CNIL dès qu’une newsletter inattendue tombe dans ta boîte mail, t’es-tu déjà demandé si toute l’électronique embarquée dans ton véhicule ne servait qu’à le diriger? Et s’il s’agissait de tracer les braves citoyens, hein? Il paraît que c’est le cas sur les véhicules haut de gamme, mais je suis prêt à parier que la moindre Clio de nos jours peut être tracée par les James Bond du GPS…
  4. Toute cette électronique, c’est diablement compliqué... Avec les véhicules des années 70, c’était simple, ça marchait, ou ça ne marchait pas. Même au niveau de l’autoradio. Le seul objet qui disposait de 5 ou 6 positions différentes, c’était le levier de vitesse. Mais de nos jours, la moindre commande de ventilation est devenue d’une complexité folle… A croire qu’aucune fée ergonome ne s’est penchée sur son berceau: 6 positions différentes pour diriger l’air, mode A/C, circuit interne, réglage automatique de la température. Bientôt, il faudra prouver qu’on est à l’arrêt pour régler le chaud ou le froid. Et ce n’est rien à coté des autoradios derniers cris, ou du GPS…
  5. L’électronique, ça accélère l’obsolescence programmée. Il a raison, ce brave McAfee. Ma voiture, je la garde en moyenne 7 ans (4 véhicules en 30 ans). Lorsque j’ai acheté ma première voiture, l’Atari 1040ST était à la mode. Pour la seconde, on parlait du Pentium IV. Pour la troisième, on avait déjà le téléphone mobile. Et pour la quatrième, Facebook existait déjà (j’ai d’ailleurs créé la page fan de mon Mitsubishi…). Or selon la loi de Moore, tous les 18 mois, la puissance des composants électroniques double. Le véhicule qu’on achète aujourd’hui serait 16 fois moins puissant (d’un point de vue électronique embarquée) 7 ans plus tard. Autrement dit, ça ne sert à rien d’acheter le nec plus ultra du GPS ou du lecteur de DVD dans sa voiture.

Alors que devrions nous faire? Revenir aux vieilles 4L? A la SIMCA 1000? Non, absolument pas, ne serait-ce qu’en terme de sécurité, de consommation ou de pollution.

Non, il faudrait simplement que cette course à la « gadgestisation » de nos véhicules cesse. Nous avons tous des smartphones surpuissants, qui font tout ce qu’on peut attendre d’un véhicule (GPS, musique, radio, etc.) et qu’il suffirait de brancher au connecteur approprié. Le cycle de renouvellement des smartphones étant bien plus court (2 à 3 ans) que celui d’une automobile, c’est la voie la plus logique et la plus censée. Et je suis sûr qu’elle réduirait les coûts de développement des véhicules, leurs cycles de mise au point, et la dépendance à un secteur qui n’apporte rien au plaisir de conduire ou à la sécurité – bien au contraire.

Bref, il serait temps que nos voitures redeviennent des voitures, et non des ordinateurs roulants.

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