Un trou noir qui vous veut du bien

Tout le monde ou presque a vu, la semaine passée, ce que la presse a présenté comme la première photographie d’un trou noir. Cet étonnant donut, légèrement flou, oui, mesdames et messieurs, vous êtres priés de croire qu’il s’agit du monstre dont les astrophysiciens, mais aussi la littérature et le cinéma de science-fiction parlent de manière récurrente, ces affreux objets d’où la lumière ne peut s’échapper. Mais si la lumière ne peut s’en échapper, comment qu’il a fait le monsieur – pardon, comment elle a fait, la madame – pour le prendre en photo?

La réponse est simple: en fait, le trou noir, c’est le trou au milieu du donut.

(silence dans la salle)

Mais alors, si c’est juste la photo d’un trou derrière un objet lumineux, pourquoi est-ce si difficile de le prendre en photo? Où réside l’exploit dont tout le monde parle?

C’est que cet objet pris en photo, situé au cour d’une galaxie appelée M87, n’est pas si gros que cela, vu depuis la terre. M87 a beau ne pas se trouver si loin de chez nous (à peine une cinquantaine de millions d’années-lumières), il faut une sacré optique pour pouvoir la photographier en gros plan. Alors pour une irrégularité aussi dense que le trou noir qui s’y trouve, vous imaginez bien qu’il faut un zoom de taille colossale. Mais comment s’en procurer un?

C’est là où l’on touche du doigt le génie humain. S’il n’existe pas d’optique suffisamment large, d’un seul montant, pour prendre en photo l’animal, il n’y a qu’à combiner les mesures réalisées par plusieurs télescopes, situés suffisamment loin, combiner les résultats, pour en déduire une image à peu près fiable, par une sorte de triangulation. C’est un projet qui a été mis en branle il y a quelques années, déjà.

C’est ce qui a été fait plusieurs années de suite, en 2017, 2018 et 2019. A chaque fois, il a fallu attendre que les conditions d’observations soient correctes, pour que chaque appareil de mesure puisse capter les données dans de bonnes conditions. Puis tout recombiner. Et en déduire cette image.

Du coup, on peut se demander s’il n’est pas possible d’aller encore plus loin, en installant ces radiotélescopes non pas sur Terre, où l’écart maximal ne peut être que de 12000 km environ, mais … dans l’espace. Au lieu d’aller coloniser Mars, pourquoi ne pas y placer un radiotélescope, d’en envoyer deux autres tournoyer autour de Vénus et Mercure, et disposer ainsi d’un appareil de dimensions encore plus grandes, capable de voir encore plus loin de manière plus précise?

Chiche?

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