Social media world forum 2015 : mon bilan

Le Social media world forum 2015 ferme ses portes, et après deux jours de conférence, il est temps de dresser un rapide bilan.
Matthew Barzun
Le bon
C’est l’un des événements majeures consacré aux médias sociaux en Europe, et probablement l’événement majeur au Royaume-Uni. C’est donc l’occasion d’y croiser tout ce que ce pays compte d’agences, de marques, de community managers, de logiciels de veille ou d’analyse, et du côté réseautage, on peut dire que le Social media world forum vaut le déplacement. Bien sûr, pour une approche globale incluant Asie ou Amérique du sud, on repassera. Mais on peut y croiser quelques professionnels des marchés allemand, finlandais, italien ou belge.

Mention bien également du côté de l’organisation toujours aussi ponctuelle (aucun dépassement de temps, pour des sessions qui duraient 20, 30 ou 40 minutes, bravo), de la variété des entreprises invitées à témoigner (de Barclays au Sunday Times), et de la variété des sujets abordés, même si cela tournait beaucoup autour des stratégies de contenu.

Rien à dire du côté du lieu où se déroulait le Social media world forum: Vinopolis, sur la rive sud de la Tamise, donnait une touche singulière à cette conférence, même si tous les repas n’étaient pas accompagnés de dégustation de vins…

Enfin, la section partenaires avec une multitude d’acteurs de la veille ou de la collecte de données sur les médias sociaux (cf. plus loin) illustre à quel point ce marché est devenu concurrentiel. Exister à l’échelle international requiert de plus en plus de moyens.

Le moins bon

Ce type d’événement pêche en général par deux défauts. D’une part, je ne sais pas pourquoi les organisateurs cherchent à varier les contenus entre interventions individuelles (keynotes) et tables rondes. Ces dernières, lorsqu’elles ne durent que 30 minutes, que chaque intervenant prend du temps pour se présenter et qu’on consacre encore quelques minutes au question, n’offrent alors que peu d’intérêt. A l’inverse, les présentations individuelles (Barclays, Brandwatch) ont permis à chaque fois au speaker de s’étendre sur son sujet, d’approfondir sa réflexion, et de passionner l’auditoire. C’était particulièrement le cas cette fois-ci, avec des tables rondes assez répétitives le premier jour, et des intervenants brillants le matin du second jour. Donc un premier axe d’amélioration serait … de réduire le nombre d’intervenants et de les faire passer seuls, l’un après l’autre.

D’autre part, ces événements ont en général de nombreux sponsors ou partenaires (en l’occurrence, des éditeurs de solutions comme Sysomos, FLockler, Shoutlet, EngageScience, CrispThinking, Linkfluence, etc.) et les organisateurs valorisent ces derniers en les invitant à modérer une table ronde … à laquelle participent souvent leurs clients. Le résultat, ce sont des interventions de piètre qualité, des discussions un peu plates, sans réel intérêt.

Le mauvais

Cette édition du Social media world forum m’a déçu sur deux points, mais deux points essentiels, et je ne suis pas le seul à l’avoir ressenti, apparemment.

La première déception, c’est le niveau assez basique de certaines interventions, qui m’ont plus fait penser à des témoignages lors des conférences Media Aces de 2010 qu’à des prises de parole de représentant de marques fortement engagées sur les médias sociaux. Que diable, Facebook et Twitter sont arrivés à maturité, inutile de nous rabâcher avec les mêmes poncifs. A cet égard, les sessions sur l’analyse des données ou sur la disruption digitale étaient pathétiques. Le point culminant de cet aspect a été atteint lors de la session consacrée aux tendances 2015, lors de laquelle l’un des intervenants a même prétendu qu’au vu des évolutions récentes de Facebook ou Twitter, il était inutile d’aller chercher des tendances en 2015… Il a fallu attendre l’après-midi de la seconde journée pour que LinkedIn, Google+ ou Pinterest soient cités. Un peu faible, jeune homme…

La seconde déception, c’est celle exprimée plus haut: l’absence totale de contenu consacré au B2B. A croire que ce type d’événement ne s’intéresse qu’à la face des médias sociaux popularisée auprès du grand public. Or ce n’est une surprise pour personne, du moins chez nous en France, que LinkedIn est en train de réaliser une percée magistrale, en s’inspirant du modèle instauré par Facebook, un subtil composé de flux d’actualité, de partages et de contenus sponsorisés. Qu’ont réalisé les marques britanniques dans ce domaine depuis deux ou trois ans? Quels conseils peuvent-elles prodiguer? Quelles stratégies sont les plus efficaces? Quelles relations avec les audiences? Il ne fut question de ces sujets à aucun moment durant ces deux jours. Pour une conférence sur les médias sociaux en 2015, c’est totalement inadmissible.

L’inclassable

Cette année, les organisateurs avaient prévu une petite surprise de taille, qui donnait une touche différente des conférences habituelles : la présence et l’intervention en binôme d’un ambassadeur et d’un représentant de l’équipe digitale du Département d’état. Une manière idéale d’aborder des sujets comme la stratégie digitale d’un gouvernement, les ponts entre secteur privé et public, l’influence américaine à l’étranger, sans oublier cette anecdote citée par l’ambassadeur américain, Matthew Barzun:

Enfin, si les sujets abordés vous intéressent, voici la liste de tous les articles produits durant ces deux jours de conférence SMWF, diffusés sur le blog de Be Angels.

 

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