Premiers pas sur Autolib

Lancé à Paris à la fin 2011, Autolib n’est plus une nouveauté: avec plus de 3000 véhicules et près de 800 stations en région parisienne, le service de location de voitures électriques fait partie du paysage francilien. Lassé par la recherche de places de parking, j’ai décidé de me laisser séduire par ce service, en optant pour un abonnement d’un an, démarré il y a quelques jours. Voici mes premières impressions.

L’inscription

L’adhésion au service se fait depuis une station Autolib comme celle-ci. Attention, elles sont plus rares que les stations de véhicules Autolib (il y en a une à Boulogne)

L’inscription se fait en une quinzaine de minutes, avec l’aide d’un télé-opérateur à distance, joint en vidéo depuis la station. Attention à vous doter d’une carte de crédit et d’un permis valide, bien entendu. Un compte est alors créé, associé à votre carte de crédit et un numéro de téléphone mobile: cela permet d’obtenir une carte temporaire. Au bout de quelques jours, on reçoit une carte définitive, jaune, format carte de crédit.

Les stations

Quand on regarde la carte, on se dit que le réseau d’implantation est vraiment dense. Mais quand on est confronté à la recherche d’une station à proximité, c’est un peu moins vrai, hélas.

Le système de réservation

Pour réserver un véhicule, il y a deux possibilités: via le site web ou sur l’application mobile iPhone ou Android. On peut réserver un véhicule pour les 30 prochaines minutes, ou une place de stationnement pour les 90 prochaines minutes. C’est une petite déception, j’aurais préféré pouvoir réserver à n’importe quelle date à l’avance, même pour un créneau de 30 ou 90 minutes. Attention à bien penser à libérer la place en cas de désistement, sinon, gare aux pénalités facturées…

Une fois le véhicule réservé (ou non), on peut en prendre possession en station. On passe pour cela par la borne principale, sur laquelle on fait passer la carte d’abonnement. On doit alors renseigner un code personnel à quatre chiffres, puis certifier qu’on est en possession d’un permis valide, et que l’on n’a pas consommé d’alcool ni de drogue. L’interface repose sur un clavier tactile un peu pénible: l’erreur de parallaxe correspondant à la vision d’un homme d’1m80 fait qu’il faut appuyer légèrement en-dessous des touches…

Le véhicule

La Bluecar est une petite citadine, électrique bien sûr, dotée de quatre places et d’une boîte automatique. Une fois le véhicule réservé, on le dévérouille à l’aide de la carte personnelle (au niveau du rétroviseur droit). La clef de contact est sur le véhicule.

Au niveau du confort de conduite, la Bluecar est assez agréable et très maniable. Le petit plus, c’est le moteur électrique bien sûr: on peut écraser le champignon sans vergogne, cela ne pollue pas plus et ne coûte pas plus cher, contrairement à ce qui se produit pour un moteur à explosion. Boîte automatique aidant, et malgré un démarrage un peu lent, on double rapidement tout le monde au passage du feu au vert… Petite remarque, je n’ai pas compris à quoi correspond le bouton ICE situé à droite derrière le levier de vitesse: In Case of Emergency, ou conduite sur route glissante?

Certains véhicules donnent l’impression d’avoir un peu vieilli. Cet après-midi, le mien avait tendance à porter vers la droite pendant l’accélération, et vers la gauche lors des décélérations.

L’équipement du véhicule

La Bluecar est dotée d’un équipement de base: autoradio, GPS, prise USB.

  • Le GPS est correct, sans plus: habitué à Waze depuis 3 ans, je ne retrouve pas la richesse de l’interface de Waze, et notamment le choix de l’itinéraire en fonction du trafic. J’ai même repéré un petit problème de cartographie au niveau de la Maison de la radio (sortie depuis les quais).
  • Le GPS permet de naviguer vers une station, soit celle réservée à l’avance, soit une au choix à proximité de la destination choisie.
  • L’autoradio permet de stocker 5 stations préréglées.
  • Il y a un vrai problème de réglage du son, qui agit à la fois sur l’autoradio et le GPS, ce dernier étant réglé nettement plus fort que le son de la radio. Du coup, on peut difficilement rouler avec la radio ET le GPS.
  • La prise USB n’est pas capable de gérer la sortie de l’iPhone, ce qui est bien dommage, pour écouter sa propre playlist sur la Bluecar…

Le coût

Autolib propose plusieurs formules d’abonnement: 1 jour, 1 semaine, 1 mois ou 1 an. Avec la formule la plus avantageuse, il vous en coûtera 120€ pour un abonnement d’un an, sans compter les frais additionnels de 5,5€ par demi-heure.

Ce n’est pas très cher, ce n’est pas non plus du « low-cost« . Si l’on estime à 20km/h la vitesse moyenne de déplacement dans Paris, on arrive à un coût de 0,55€/km hors abonnement, à comparer à un coût moyen de 0,15€/km pour un véhicule personnel (10 litres pour 100km, à environ 1,5€ le litre d’essence), hors coût d’entretien. Comparé aux transports en commun, Autolib n’est pas plus avantageux.

Alors pourquoi prendre un abonnement Autolib? Premièrement, pour ne pas (ou plus) perdre son temps à chercher un emplacement où se garer: combien de fois êtes-vous arrivés en retard à un rendez-vous pour cause de place introuvable? Avec son système de réservation, Autolib fournit une bonne solution. Vous objecterez alors que de nombreux parkings souterrains existent dans Paris. C’est vrai, mais leurs tarifs sont prohibitifs, de l’ordre de 5€ de l’heure.

Ainsi, passer sur Autolib revient à faire un arbitrage entre coût de stationnement et coût de déplacement. Sans compter l’impact environnemental. Enfin, si l’on inclut les frais d’entretien et la dépréciation du véhicule, alors là, l’équation devient largement plus favorable à Autolib…

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