Not Provided, Not Set

Pendant longtemps, Google a été l’un des meilleurs amis des web marketeurs. Son outil d’analyse du trafic entièrement gratuit, Google Analytics, permettait de collecter des données importantes, sur le volume ou l’origine du trafic, les pages consultées ou les mots-clés utilisés pour accéder à un site donné. Mais ces derniers mois, Google a pris une décision qui s’avère désastreuse pour ses utilisateurs de Google Analytics: l’accès aux mots-clés est désormais limité à un volume de plus en plus faible.

Le graphique précédent montre le trafic issu des moteurs de recherche (principalement Google) entre octobre 2009 et octobre 2013, sur le blog www.hervekabla.com. Le graphique suivant fait un zoom sur la période allant de janvier 2012 à octobre 2013. La ligne bleue représente tout le trafic issu des moteurs, la ligne orange représente la part de ce trafic pour laquelle les termes ou expressions utilisées sont masquées (‘Not Provided‘).


 
Au-delà d’une chute du trafic issu des moteurs, que constate-t-on? Que cette part de ‘Not Provided’, partie de 0 en 2012, représente désormais près de 90% du trafic issu des moteurs. Cela signifie un changement de politique radical, annoncé par Google à l’automne 2011, mais dont l’entrée en vigueur peu après est un véritable désastre pour certains de ses utilisateurs.

En effet, auparavant Google fournissait les termes et expressions utilisées pour accéder au site concerné, ainsi que leur fréquence. C’est ainsi que, chaque année, vers le mois de janvier, à la date anniversaire de ce blog, je peux communiquer les principaux termes qui conduisent à une visite (‘logo carrefour’, ‘capsules nespresso’, etc.). Mais depuis 2012, Google fournit de moins en moins souvent cette information. C’est ainsi que pour le mois d’octobre 2013, à part un peu moins de 2000 requêtes ‘Not Provided’, je n’ai plus accès qu’à une liste réduite de termes ayant conduit à moins de dix visites chacun.

Google prétend que cette mesure a été adoptée afin de protéger l’identité des utilisateurs de son moteur de recherche. Je reste très dubitatif sur cette explication. Car ces informations sont en réalité toujours disponibles… pour les achats de mots-clés!

Grand dépositaire de notre mémoire du web (via son cache), de nos données (via sa messagerie ou ses sites de partage), de nos accès aux autoroutes de l’information (via son moteur), de nos usages mobiles (via Android), Google instaure une opacité de plus en plus grande et nous n’avons aucun moyen de nous en extraire. Pas très rassurant, non?
 

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