Models.Behaving.Badly

Dans la continuité de My life as A Quant, j’ai commandé le second livre d’Emanuel Derman, Models.Behaving.Badly. Contrairement à ce que le tire pourrit lasser croire, il ne s’agit pas d’une historie de mannequins qui ont mal tourné, mais des réflexions de l’auteur sur la vie, et sur la propension des êtres humains à monter des théories et des modèles dans des cas qui ne sont pas forcément appropriés.

Adoptant une démarche didactique, Derman commence par établir a différence entre modèles, théories et intuition, à l’aide d’illustrations tirées de la vie courante, notamment de sa jeunesse en Afrique du Sud, et bien entendu de son expérience croisée aussi bien dans le milieu scientifique que dans de grands établissements bancaires.

Cela donne un livre assez inégal. La première partie, où il décrit la vie d’un jeune juif ashkénaze en Afrique du Sud dans les années 50 et 60, et notablement plus intéressante que les passages un peu plus surprenants autour de la philosophie de Spinoza.

La dernière partie, en revanche, est clairement un réquisitoire contre ceux qui pensent encore que la finance peut prétendre à la même rigueur économique que des sciences dures, comme les mathématiques ou la physique. On ne peut reprocher à ces dernières de manquer de rigueur ou de fournir des résultats aléatoires au fil du temps. En réalité, les théories véritablement scientifiques évoluent par compléments successifs, chaque découverte permettant de consolider les théories précédentes, ou d’invalider définitivement celles qui ne collent plus au champ des connaissances. Les modèles financiers, eux, ne vivent que l’espace d’un instant, celui de la confiance que lui accordent ceux qui les mettent en oeuvre.

Écrit en 2011, quelques années après la crise des subprimes, ce livre vient peut-être compléter les propos enthousiastes que formulait Derman dans son précédent livre, tout en restant conscient des limites de la modélisation. Hormis les digressions sur Spinoza auxquelles je suis resté complètement hermétiques, il mérite néanmoins qu’on s’y intéresse, comme My Life as A Quant.

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