La Daronne

Sous son apparence de comédie du dimanche soir, La Daronne est en réalité un film d’une tristesse infinie. Isabelle Huppert y campe une fonctionnaire au sein des forces de police. Interprète arabe-français, elle intervient lors des interrogatoires et des filatures. Son maigre salaire ne lui permet plus de joindre les deux bouts. Entre le remboursement des dettes de feu son mari, l’éducation de ses filles, le loyer de l’EHPAD où est hébergée sa mère, elle ne parvient plus à s’en sortir.

Tout est possible dans les moments exceptionnels, à condition que l’on soit prêt, que l’on ait un projet clair à l’instant où tout est confus. S’appropriant ce précepte de Jean Monnet, elle est prête à se saisir de la première opportunité dès qu’elle se présente. Mais est-ce vraiment une opportunité ? Peut-on qualifier ainsi une cargaison de drogue égarée par un go-fast, cargaison qu’elle se charge de récupérer au nez et à la barbe de ses collègues, et des trafiquants qui attendaient son arrivage ? À charge pour elle, désormais, de l’écouler, via deux minables petits dealers qu’elle s’apprête à manipuler sous une fausse identité, la Daronne.

Bien sûr, on n’écoule pas plus centaines de kilos de drogue sans passer inaperçue. Ce qui paraissait être un bon plan s’avère de plus en plus risqué. Et de courses-poursuites en menaces de mort, l’héroïne incarnée par Isabelle Huppert va avoir du mal à maintenir à flot son petit business. Jusqu’au happy end.

Mais est-ce vraiment un happy end ?

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