Je suis une "fashion victim"!

Nous développons tous une tendance à devenir une « fashion victim », il suffit de choisir son terrain le plus favorable. Certain(e)s le seront pour la mode vestimentaire, d’autres pour les produits hi-tech, d’autres encore succombent aux tendances du moment en matière de séries télévisées. Pour ma part, je viens de faire le constat que je suis devenu une « fashion victim » de la course à pied.


A quoi reconnait-on qu’on est devenu une « fashion victim »? A plusieurs caractéristiques, listées ci-après.

Un événement déclencheur

On ne devient pas « fashion victim » par hasard, il y a presque toujours un événement déclencheur. Pour moi, ce fut l’installation de l’application gratuite Runkeeper sur un iPhone, un sombre jour de janvier 2009. Initialement, il s’agissait juste de mesurer l’exactitude du tour de Longchamp. Aujourd’hui, c’est le coach de chacune de mes sorties, qui m’aiguillonne à chaque kilomètre parcouru, en comptabilisant à haute voix les distances parcourues et les vitesses moyennes.

Une consommation boulimique

Je courrais autrefois quelques dizaines de kilomètres par an, tout au plus durant l’été. Je suis désormais devenu un drogué de la piste, capable d’accumuler plusieurs centaines de kilomètres sur une année. Ce mois-ci, j’ai atteint le montant respectable de 104.8km. Soit plus de 8 heures dans le mois, passées à grimper les côtes de Saint-Cloud ou à boucler le tour de l’hippodrome de Longchamp.

Cela se traduit également par l’enchaînement de compétitions: 10km, 20km, semi-marathon, et pourquoi pas, un jour, un vrai marathon? Tout cela, bien sûr, au détriment des périodes de repos pourtant nécessaires.

Une envie d’aller toujours plus loin dans l’extravagance

Dernière lubie en date, l’acquisition de nouvelles chaussures (cf. plus haut), absolument ridicules, qui me font horriblement mal, mais qui font un effet indéniable sur les autres coureurs. Bien entendu, comme toute « fashion victim » de l’ère du 2.0, c’est par une remarquable campagne de matraquage publicitaire que j’en suis arrivé là: vive le re-targeting et l’achat d’articles de sports sur SportPosition.com!

Le besoin de faire d’autres victimes de la même mode

Et là, il faut bien l’avouer, c’est particulièrement vicieux. Et tellement simple à mettre en oeuvre! Il suffit d’inviter quelques amis à couvrir quelques kilomètres ensemble, puis de laisser la magie opérer. Peu à peu, la planète va se remplir de drogués de la course à pied, convertis par leurs pairs, dans un immense mouvement de prosélytisme.

Nous étions 25000 hier matin au pied de la Tour Eiffel pour l’édition 2013 du Pris Versailles.
Nous serons probablement 30000 ou 40000 pour les prochaines grandes courses parisiennes (marathon, semi, 20k).
Le prix d’une chaussure de course à pied oscille entre 80€ et 150€.

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