Il état une fois … une famille juive lorraine: les Cahen d’Ennery

Voici un livre étrange, un livre écrit à plusieurs mains, qui ont toutes la même ascendance. Ce livre a en effet été écrit par certains des descendants, issus de la 3ème, 4ème ou 5ème génération, de Rose Israël et Abraham Cahen, juifs lorrains qui se marièrent à Ay en mai 1858, s’établirent à Ennery (en Moselle) et eurent 11 enfants.

On y découvre donc, au fil des pages, les descendants de ces onze enfants, au travers de récits plus ou moins détaillés, rédigés avec un style qui caractérise chaque auteur. C’est une des raisons qui fait d’ailleurs qu’on a du mal à lâcher ce livre une fois qu’on l’a entre les mains. On y trouve de la chaleur, de ‘humour, de la tristesse, de la nostalgie parfois, et toujours cet attachement si particulier à la France.

Car, et c’est peut-être ce qui caractérise ce livre, c’est bien au récit d’une certaine communauté juive française, auquel on assiste au fil des pages. Une communauté viscéralement attachée à son pays, à son lieu de résidence, et qui contrairement aux juifs des pays de l’Est ou d’Afrique du Nord, n’a pas connu d’exil récent.

Bien sûr, il y eut l’occupation, la déportation, et la destruction d’une partie de la famille. Tout cela est reporté avec précision et finesse.

Il état une fois … une famille juive lorraine: les Cahen d’Ennery et un livre passionnant. On y rencontre donc des marchands de grains ou de bestiaux comme des juifs commerçants, des juifs pieux et certains complètement assimilés, des juifs qui ont cherché le contact de la communauté et d’autres qui l’ont perdu. On y découvre l’ascendance de Delphine Horvilleur, tout comme celle de Philippe Cahen, qui est à l’origine de ce livre.

Au fil du livre, on découvre au final une sorte d’étude sociologique sur l’évolution sur cinq générations d’une certaine communauté juive française, qui a pu bénéficier de l’émancipation des juifs de France suite à la Révolution française, avant de se retrouver occupée par l’Allemagne prussienne, puis de revenir sous autorité française, de connaître une nouvelle occupation, et de retrouver sa liberté. On ne ressort pas indemne de tant d’histoire.

Merci à Philippe Cahen d’avoir su, grâce à cette idée géniale, edonner vie à ces personnages.

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