Comment s’écarter de la moyenne

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C’est en 2006 que j’ai commencé à m’abonner à des blogs via leurs flux RSS, à l’époque de blueKiwi chez Dassault Systèmes. Depuis, et en près de vingt ans, j’ai vu de nombreux blogs disparaître, pour des raisons variées : certains blogueurs se sont lassés, d’autres ont passé l’arme à gauche, d’autres ont adopté des supports plus à la mode comme LinkedIn ou Substack. De nos jours, on dirait qu’il ne reste plus que les purs et durs, tels Christophe Faurie, Dave Winer ou … Seth Godin.

C’est Yann Gourvennec qui m’a initié au monde de Seth Godin, à l’époque de Media Aces et des débuts de la collection des livres expliqués à mon boss. Auteur, conférencier, personnage touche-à-tout, Godin avait publié une série de livres qui posaient, entre autres, les fondations du marketing viral (the ideavirus) et du web social (Tribes : we need you to lead us). Yann m’en avait conseillé la lecture, pour comprendre dans quel univers je mettais les pieds et qui en étaient les maîtres à penser…

Je me suis donc abonné au blog de Seth Godin, il y a fort longtemps, et me suis efforcé de lire ses contributions, de temps à autre. À vrai dire, je me suis souvent demandé si c’était bien lui qui écrivait ses articles. Courts et incisifs, publiés avec une régularité incroyable depuis je ne sais combien d’années, souvent inspirants, j’ai parfois eu du mal à croire que c’était le même individu qui pouvait aborder autant de sujets et faire preuve d’autant de culture, sachant s’adresser à un vaste public en restant intéressant, et sans jamais aborder de sujet clivant.

Son blog s’apparente à une liste de réflexions personnelles qui amènent toujours le lecteur à remettre en question ses a priori, ses habitudes, sa manière de voir le monde. Le schéma qu’il suit est souvent le même : il part d’un exemple issu de la vie de tous les jours, et en tire une généralité a priori banale, mais qui veut dire beaucoup, si l’on prend la peine de poursuivre le raisonnement par soi-même.

J’en veux pour illustration le billet publié il y a deux jours, que je me permets de retranscrire mot pour mot.

Room temperature

Left alone, a cup of coffee will gradually cool until it reaches room temperature.

Stable systems regress to the mean. Things level out on their way to average, which maintains the stability of the system.

The same pressures are put on any individual in our culture.

Sooner or later, unless you push back, you’ll end up at room temperature.

(As I write this, the built-in grammar tool has made suggestions to every single sentence, pushing to make it sound less like me and more like normal.)

Ce que dit en filigrane ce court article, c’est que quel que soit votre talent, si vous ne le pratiquez pas, si vous cessez de vous entraîner, alors vous reviendrez vers un état moyen, celui de la tasse de café qui a refroidi, qui est aussi celui du reste du monde. Le talent, le savoir-faire, sans entretien, n’aboutit à rien d’autre qu’à une régression sur le long terme, qu’il s’agisse d’un instrument d’un talent de pianiste, de matheux ou de footballeur.

La force des individus au-dessus de la moyenne, c’est de poursuivre leur entraînement, leur pratique, au-delà de ce que les individus normaux tolèrent.

Voici un conseil que je ne manquerai pas de dispenser à certains de mes congénères, à l’abord de la retraite…

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