43500 nouveaux enseignants en 2013

C’est la bonne nouvelle du soir, les inscriptions au concours de professeurs des écoles ont progressé de 57%, et celles des concours du secondaire de 36% par rapport à la dernière session: 140 000 contre 92000 au concours de l’été 2012, selon l’éditorial du Monde de lundi soir.


J’en vois déjà quelques uns qui vont lever le doigt pour râler, et critiquer cette hausse du nombre de fonctionnaires. Ils ont tort, à mon avis.

Car la France a besoin d’enseignants, d’enseignants de qualité, et en nombre suffisant.

  • Nous avons besoin d’enseignants, c’est une évidence. Les compétitions mondiales, quels que soient les secteurs, se gagnent par la formation. Et la formation commence, qu’on le veuille ou non, sur les bancs de l’école. Il est illusoire de croire que des milliers de gens pourront atteindre un excellent niveau professionnel sans avoir acquis les bases nécessaires, en français, dans les langues étrangères, et en mathématiques notamment.
  • La qualité des enseignants et le second impératif. Trop souvent, on voit des parents se plaindre de la qualité de l’enseignement. C’est une mode: je ne me souviens pas qu’on se plaignait des profs, dans mon jeune âge, une époque où le prof était respecté. C’est aussi une conséquence d’une désacralisation du rôle d’enseignant, tout aussi critiquable que le mobilier ou la nourriture à l’école, dans une démarche de prestation de service qui m’horripile. C’est, enfin, la conséquence d’une lente dévalorisation du métier de prof, qui a de moins en moins attiré des vocations par le passé, en partie à cause de la rémunération aujourd’hui très faible des profs, par rapport à d’autres métiers.
  • Le nombre d’enseignants, enfin, est trop faible. Pensez-vous qu’on apprenne mieux dans une classe à 30 élèves ou dans une classe à 20 élèves? Pensez-vous qu’un enseignant peut consacrer suffisamment de temps à chaque élève, si on réduit le nombre de professeurs et augmente le nombre d’élèves qu’il doit suivre? Non, évidemment. Alors acceptons d’augmenter le nombre de profs, pour le bénéfice de nos enfants.

Si on estime le salaire moyen d’un enseignant à 2581 euros par mois (source: http://www.salairemoyen.com/salaire-metier-318-Professeur.html#.USvsQaWQUig), le coût total de ces 43500 profs supplémentaires est d’un milliard 300 millions d’euros. Le coût global du programme Rafale, par comparaison, s’établit à 43 milliards d’euros (source: le blog secret-défense, citant des chiffres du Sénat). Avons-nous besoin de Rafales plus que de jeunes français convenablement éduqués?…

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