Social commerce – le livre

Jeune, j’adorais les « Que sais-je?« . Ecrits par des experts de leur domaine, ces abrégés de culture générale vous permettaient de prendre possession d’un sujet en quelques minutes de lecture, avec une variété de thèmes sans doute inégalée. Inutile de vous dire que j’adorais aussi leur couleur… Je n’en ai hélas gardé que deux ou trois, un sur le calendrier, un autre sur la relativité.

Et bien imaginez-vous que j’ai retrouvé la même sensation de m’abreuver de savoir, un peu à la manière d’un Yop encyclopédique, en lisant un livre court mais intense, sur un domaine particulier, le « Social Commerce« , un domaine à la frontière des médias sociaux et du e-commerce.

Comment le web social, celui du partage d’informations, de statuts, de photos, ou d’activités, modifie-t-il le comportement des acheteurs sur le web?

Ecrit par un jeune polytechnicien égaré, lui aussi, dans le web social et sur Twitter, « Social Commerce » est un livre qui traite de l’évolution actuelle du e-commerce, alors que Facebook, Twitter et les réseaux sociaux ont envahi le web non commerçant. Inutile de vous dire que j’ai appris plein de choses. Pas tellement sur le e-commerce en tant que tel, nous avons tous plus ou moins assimilé ses codes, mais sur la révolution en cours, qui va transformer la manière de faire nos achats en ligne.

L’auteur distingue tout d’abord trois formes de « social commerce »:

  • l’achat groupé, dont l’ancêtre fut probablement le site clust.fr, et dont les formes actuelles (Ventes Privées, Groupon) connaissent une croissance phénoménale.
  • le social shopping, qui marche essentiellement grâce au développement de l’affiliation, et qui permet d’agréger des communautés de consommateurs soit autour de comparateurs, soit au travers d’avis clients.
  • le purchase sharing, bien plus intrusif, qui permet de partager les informations sur les produits achetés, les prix, les lieux d’achats, les offres promotionnelles, etc. De tels services existent déjà (BlippySwipely), mais ils risquent de paraître un peu intrusifs pour le consommateur français moyen.

L’auteur consacre ensuite un chapitre entier au web sémantique, et à son impact sur les métadonnées associées à l’e-commerce. J’y ai découvert les différentes formes de web sémantique (RDFa, microformat, microdata) et c’est une mine d’informations pour qui veut s’approprier le sujet en un rien de temps.

Le chapitre suivant est consacré à Facebook et à l’impact de l’Open graph protocol, lancé par l’entreprise, et dont le bouton Like est la forme la plus visible. Je suis assez circonspect sur l’idée que ce système offrirait une alternative au fameux Page Rank de Google. Il n’offre en effet d’informations que sur les pages qui en sont équipées, et il demande donc une démarche volontaire de la part du site qui héberge le contenu. Ce n’est pas l’approche de Google, qui indexe le contenu même si on ne le lui demande pas, du moment qu’un lien arrive dessus. De ce fait, la vue Google est plus globale, et moins biaisée.

Enfin, le livre s’achève sur les probables évolutions du e-commerce, et là, j’y ai découvert la notion de progressive competitive disclosure. Et là, j’ai été subjugué. On nage ne pleine théorie des jeux. EN gros, au tout début de l’e-commerce, personne n’avait intérêt à publier son catalogue en ligne, puisque c’était donner une information compétitive à ses concurrents, susceptibles de les rendre plus agressifs sur nos propres faiblesses. Pourtant, le premier à l’avoir (bien) fait a distancé les autres (Amazon, évidemment): car la publication a créé le trafic. Il en a été de même pour le prix des articles, puis pour le stock, puis pour les avis des consommateurs (penser à BazaarVoice, dont c’est le fond de commerce). Quelle sera l’étape suivante: pour l’auteur, Julien Chaumond, c’est, paradoxalement le fichier client. En disant qui est client chez moi, je mets en place un système de « preuve sociale« , et prends le dessus sur mes concurrents. Audacieux mais brillant.

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