Internet spatial
Si j’étais jeune ingénieur aujourd’hui, je ne me tournerais probablement ni vers l’IA, ni vers le développement de logiciel, mais probablement vers un autre secteur beaucoup plus passionnant : l’internet spatial. Le grand public n’est probablement pas conscient de ce qui est en train de se passer, mais les changements induits par des entreprises audacieuses – à commencer par les projets de Musk et Bezos, Starlink boosté par SpaceX, et Amazon Kuiper boosté par Blue Origin – et des débouchés aussi bien civils que militaires rendus critiques par les conflits récents, me semblent plus passionnant que de développer un n-ième site web ou apllication SaaS.
J’ai déjà parlé de Starlink à plusieurs reprises. C’est le projet le plus avancé, avec plus de 9000 satellites opérationnels aujourd’hui, une offre commerciale abordable et des usages militaires dont on a pu voir l’impact en Ukraine. Mais il y a d’autres projets dans les cartons qui me paraissent tout aussi intéressants. En voici deux exemple, tirés de la newsletter diffusée par Blue Origin, la société de lanceurs concurrente de SpaceX.
AST par exemple, est une société dont le but est de proposer un réseau de téléphonie mobile directement relié à des satellites en orbite basse. Contrairement à Starlink qui ne propose finalement qu’une offre concurrente des fournisseurs d’accès internet et donc un point d’accès auquel se connecter, AST permet à n’importe qui de téléphoner depuis n’importe où, sans antenne ou point d’accès additionnel. Révolutionnaire, non ?

Autre projet à suivre, Terawave. Avec Terawave, on sort du grand public pour passer au B2B. Cette entreprise est en train de concevoir une infrastructure réseau qui permettra aux datacenters de disposer de moyens de connexion adaptés à leurs besoins. Avec un débit annoncé 200 fois supérieur à celui de Starlink (10 Gbps vs 50Mbps), et une latence extrêmement faible, Terawave se positionne comme un fournisseur de technologie pour les opérateurs télécoms ou les hébergeurs de données. Et derrière Terawave, qui trouve-t-on ? Blue origin himself.

Trois projets, trois entreprises, trois approches différentes. Car tout est faire, dans l’internet spatial. Les américains ne sont pas les seuls à l’avoir compris. Des entreprises chinoises sont aussi présentes. L’Europe a bien entendu un rôle à jouer. La Russie ne se laissera pas distancer, l’Inde y pense. Et d’autres pays, moins attendus, se lancent dans cette nouvelle conquête spatiale.
Une chose est sûre, il y aura des projets passionnants pour les ingénieurs d’aujourd’hui…
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec

















